Pour Google ou Facebook, chaque clic est une mine d’informations sur notre vie et notre santé.

Mur de datas à Londres
Mur de datas à Londres © Getty / Peter Macdiarmid

Et si demain, Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft s’occupaient de notre santé ? Avec toutes les données collectées par notre activité numérique sans qu’on s’en rende forcément compte, il y a de quoi faire : imaginez que chaque minute dans le monde il y a 2,4 millions de requêtes sur Google, 750 000 connexions sur Facebook ou encore 150 millions d’e-mails envoyés.

C’est considérable et si vous croisez cela avec le poids financier de la santé mondiale : 9950 milliards d’euros (10% PIB mondial), il y a de quoi réveiller quelques appétits.

A quoi peuvent servir toutes ces données collectées, et comment peuvent-elles rapporter de l’argent aux géants du web ?

Ce big data de la santé est une mine d’informations sans précédent : une montre connectée qui relève votre tension, votre téléphone qui compte vos pas, vos recherches de diagnostics sur internet, votre application de coaching sportif, votre carte de supermarché, tout cela génère des données sur vos habitudes (bonnes ou mauvaises), vos pratiques, et donc votre santé actuelle ou à venir.

Et lorsque confrontez cette masse de données à un bon algorithme des résultats apparaissent : vous êtes sujet à l’obésité, un accident cardio-vasculaire, un cancer, il devient possible de l’envisager à l’avance.

Or les géants du web sont les pros de l’algorithme, vous savez cet outil qui permet de vous afficher des pubs adaptées à vos attentes, ou encore le bon profil sur un site de rencontre.

Grâce à l’articulation big data - algorithme on pourrait changer de paradigme en passant d’un système qui guérit à un système qui prédit, et les GAFAM seraient les fournisseurs de données pour des états à la recherche d’économie.

  • Irait-on vers un fichage que les assureurs de santé pourraient exploiter?
  • Les risques en cas de cyber-attaques seraient démultipliés.
  • Serait-ce un pas de géant vers une santé à plusieurs vitesses selon notre capacité de connexion ?

En tout cas pendant qu’on se pose ces questions, les géants du web investissent, rachètent des applications et des start-ups qui travaillent sur la santé. Le gouvernement français lui ne semble pas prendre la mesure des enjeux de cette révolution numérique qui est bel et bien en marche ailleurs dans le monde.

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