Un an après l’avion de Bertrand Picard voici le Solar Impulse des mers. « Energy Observer » vient d’être mis à l’eau à Saint Malo.

Le bateau Energy observer fabrique une partie de son énergie grâce à l'hydrogène
Le bateau Energy observer fabrique une partie de son énergie grâce à l'hydrogène © AFP / DAMIEN MEYER

Sa particularité, il va fabriquer une partie de son énergie grâce à l’hydrogène. Et si demain, comme ce bateau, nos voitures roulaient à l’hydrogène ? Et si « Energy Observer » était la preuve que l’hydrogène est le carburant vert du futur ?

C’est en tous cas ce que va tenter de démontrer le fondateur du projet Victorien Erussard, appuyé notamment par le Commissariat à l’Energie Atomique.

Comment va fonctionner cette affaire ? Il faut savoir que l’hydrogène à l’état brut ça se trouve dans le gaz, mais aussi dans l’eau. Avec une grosse pompe, un bateau va aspirer l’eau de mer, qu’il va ensuite falloir purifier (pour faire de l’eau déminéralisée comme celle du fer à repasser) : c’est l’étape de l’électrolyse. Puis il va falloir la compresser pour pouvoir la stocker dans huit réservoirs, quatre à bâbord, quatre à tribord.

On a donc pompé, électrolysé, compressé, stocké. Il faut enfin la convertir…pour qu’enfin on arrive à la pile à combustible. Cinq étapes donc pour fabriquer 60 kilos d’hydrogène. Cinq étapes qui vont prendre quatre à cinq jours et permettre au bateau de faire l’équivalent de 230 kilomètres, sans aucune émission de gaz à effet de serre.

C’est attractif sur le bateau expérimental, mais est-ce transposable à notre vie quotidienne ?

L’objectif de l’expert qui supervise ce projet au CEA, Didier Bouix, c’est de montrer que l’hydrogène est idéal pour aplanir les variations de l’éolien ou du solaire. Quand vous avez du vent l’éolien, c’est bien mais quand il n’y en a plus, ça l’est moins. Et c'est pareil pour les panneaux solaires : ils sont plus ou moins efficaces en fonction du soleil. Mais si vous avez des réserves d’hydrogène, vous êtes bons. Et toujours verts.

Mais avant de transposer l’hydrogène à la terre ferme de nos maisons, il y a d’abord une autre étape qui est en train d’être franchie : les voitures. En France vous avez déjà au moins une jeune pousse qui s’y est mis : Symbio FCell. Elle a intégré une pile à combustible à une centaine de Peugeot Kangoos ainsi qu’à un camion qui circule dans Paris. La poste a expérimenté le dispositif à Grenoble dans la Manche à Belfort… Et même les grosses marques de berlines s’y sont mis : la Toyota Mirai roule avec une pile à hydrogène, comme la Honda Clarity qui est sortie il y a quatre jours aux Etats-Unis.

Evidemment, en ce qui concerne ces véhicules, on est loin d’une production de masse, d’autant plus qu’en Amérique comme en France, on manque cruellement de stations service à hydrogène. On en compte 34 sur le territoire Américain et 17 en France : pas beaucoup pour faire le plein. Mais là encore vous avez des entrepreneurs sur le coup : le projet Hyway - encore des Français - a pour but de fournir un meilleur maillage d’ici à 2030.

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