En Angleterre, la commune d’Enfield dans la banlieue nord de Londres va bientôt embaucher un agent d’un nouveau genre pour répondre à ses administrés.

Formulaires administratifs
Formulaires administratifs © Maxppp / Michel Labonne

Elle s’appelle Amelia, et c’est la fonctionnaire parfaite.

Et si demain, c'était elle qui s’occupait de vos papiers, certificats de naissance, actes de mariage, de l’inscription à l’école, des tarifs de la cantine, bref de toutes ces démarches d’autant plus pénibles qu’elles sont a priori tellement simples ?

Pour distribuer ce genre de formulaire, la commune d’Enfield va bientôt faire appel à la belle Amelia.

Blonde, les cheveux tirés en arrière, les yeux bleus, la bouche bien dessinée, sobrement habillée d’une chemise blanche et d’une veste noire, elle a tout d’un mannequin des pays de l’Est, impeccable et accueillante avec ça. Elle est parfaite, parce que c’est un robot bien sûr, mais un robot nouvelle génération, dit cognitif.

C’est ce qui fait la fierté de ses concepteurs : les Américains d’IPsoft, entreprise d’intelligence artificielle.

Dans quelques semaines quand vous vous connecterez sur le site de la ville d’Enfield IPsoft vous le promet :

  • Amelia vous répondra dans un anglais parfait.
  • Elle comprendra le contexte dans lequel vous vous trouvez.
  • Elle décryptera certaines de vos émotions.
  • Et le plus impressionnant sans doute, c’est qu’elle ne cessera d’engranger des connaissances.

Un exemple. Il suffit de lui faire lire un passage de Wikipedia sur la banque JP Morgan pour qu’elle l’intègre aussitôt. Ensuite elle pourra vous ressortir la définition.

En somme, elle est meilleure qu'un employé humain. Elle n’est jamais en congé maladie, elle peut travailler le jour et la nuit et elle ne vous répond pas « ah bah ça va pas être possible hein » ou « vous arrivez trop tard hein » ou « fallait venir hier ! » Amelia vous répond toujours de manière positive.

Autant dire qu’un certain nombre de fonctionnaires ont du souci à se faire. Le robot Amelia peut remplacer des dizaines de milliers d’entre eux, probablement pour le mieux.

Pour l’heure, c’est évidemment l’argument que développent les entreprises qui poussent l’intelligence artificielle dans nos vies. L’autre étant que les employés mis au chômage pourront et devront se concentrer sur des formes de dialogue, de jugement et d’interactions plus subtiles.

Les fonctionnaires d’Enfield sont-ils prêts à cela ? Pas sûr.

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