La « maintenance prédictive » existe dans tous les secteurs de l’industrie et elle sera bientôt dans nos foyers.

Avec la maintenance prédictive, le technicien intervient avant la panne
Avec la maintenance prédictive, le technicien intervient avant la panne © Getty / Nancy Honey

Vidanger une machine à laver qui vous a lâché. Écoper les écoulements d’un lave vaisselle et puis attendre Darty entre 8h et 20h pour qu’il vienne, avec un peu de chance avec la bonne pièce détachée.

Et si demain, toutes ces séquences pourries ne faisaient plus partie de votre vie ? Et si demain, vos appareils ménagers ne tombaient plus JAMAIS en panne ? La maintenance prédictive, c’est ça. Elle est déjà arrivée dans l’industrie. Et c’est un virage stratégique à 180 degrés pour tous ceux qui l’ont adoptée. Pourquoi ? Parce qu’un petit boîtier de 15 cm à peine, placé dans - ou à côté - de la machine va vous permettre d’en prendre le pouls en permanence. Vitesse de connexion, température, alimentation: un bilan de santé de la machine 24h sur 24.

Information immédiatement analysée par un logiciel capable de dire : là il faut changer la courroie de transmission. Mais avant qu’elle ne craque. Là il y a un problème avec le tambour du lave-linge, mais avant l’inondation. Dans cette logique, le technicien de chez Darty intervient, mais avant la panne. Et ça c’est une vraie rupture technologique. Car vous supprimez les entrepôts de pièces détachées qui ne servent à rien, les pertes de temps pour erreur de diagnostic, et surtout c’est la fin des machines à remplacer. Pour cette raison, parce que leur business-plan est en train de changer du tout au tout, les industriels qui l’ont mis en place en France tiennent à l’anonymat.

Mais sachez que dans le secteur des ascenseurs, par exemple c’est déjà très utilisé. C’est en train d’arriver dans les trains, c'est en rodage dans les avions, c’est déjà dans les laveuses automatiques vous savez celles qui nettoient les supermarchés. D’où la très très bonne santé des jeunes pousses qui se sont installées sur ce créneau. CYM par exemple, basée à Nanterre existe depuis deux ans. Elle fournit le boîtier dont je vous parlais tout à l’heure, et analyse les données. Chiffre d’affaires l’an dernier: 100 000 euros. Si elle continue sur sa lancée ce sera sept fois plus cette année.

Il y a d’ailleurs un cabinet américain qui s’est intéressé au sujet : ABI Research. Il a évalué à 25 milliards le marché des analyses de données. Mais en termes d’économies pour l’industrie c’est in-quantifiable.

Surtout que les industriels de l’électronique prévoient d’aller plus loin encore. Demain vous pourrez avoir des objets pour la vie, avec des télévisions des chaînes hi-fi des ordinateurs qui s’auto diagnostiqueront et commanderont eux-même leur pièce détachée… Ça fait rêver non ?

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