En 2030, l’espérance de vie devrait atteindre 90 ans. Ce genre de prédiction sur notre longévité est le coeur de cible de nombreuses entreprises.

Et si demain vous pouviez savoir quand vous serez guéris
Et si demain vous pouviez savoir quand vous serez guéris © AFP / LUIS ROBAYO

L’algorithme de la mort, le temps qu’il vous reste sur Terre. C’est une des questions qui passionne Google et plusieurs centaines de jeunes pousses à travers le monde. A Nashville aux Etats-Unis, Aspire Health par exemple, s’est spécialisé dans les maladies graves.

Grâce à ses prédictions, la société est capable de vous dire si vous mourrez dans l’année. Et pour qu’elle soit encore plus performante, Google lui a donné un petit coup de pouce de 32 millions de dollars.

Vous voyez l’intérêt ? Et si demain on arrêtait de s’acharner à guérir des gens condamnés ?

Finies les chimios les IRM, les scanners… En soins palliatifs et on arrête les dépenses !

Economies pour la Sécurité Sociale. Pour les mutuelles. Pour les assurances. Bref pour la société. Alors évidemment posé comme ça c’est excessivement cynique, mais plus proche de nous en France, vous avez une toute jeune entreprise (elle n’a que six mois) qui aborde le problème avec un peu plus d’humanité.

OWKIN, fondée par Thomas Clozel et Gilles Wainrib, travaille dans le domaine du cancer.

Le premier est docteur en médecine, cancérologue, ex chef de clinique à Henri Mondor, et le second docteur en mathématiques appliquées. Tous les deux ont mis au point une méthode qui permet de vous donner les chances de réussite d’une chimiothérapie.

Ils prennent tout ce qui leur tombent sous la main dans les dossiers des malades: leur IRM, leur scanner, leurs bilans sanguins, leurs données génétiques, l’ARN (acide ribonucléique-nucléique) qu’ils ont dans le sang, avec l'accord des patients. Et à partir de toutes ces données combinées ils vont établir des typologies des malades face à la chimiothérapie :

  • Ceux qui vont bien réagir
  • Ceux qui vont atrocement souffrir d’effets secondaires
  • Et ceux qui vont résister au traitement.

Evidemment dans tous ces cas de figure, les patients ont tous donné leur consentement pour un accès total à l’intégralité de leur dossier médical.

En ce moment OWKIN est en train de signer avec l’un des deux grands centres de traitement du cancer. Et puis ils ont aussi signé, notre cancérologue et notre mathématicien, d’autres contrats confidentiels avec des laboratoires pharmaceutiques. L’objectif, c’est qu’ils puissent découvrir plus vite encore des médicaments. Surtout ceux qui vont être efficaces.

Or aujourd’hui faut savoir que dans deux cas sur trois, la recherche des labos n’aboutit pas.

Et un médicament ça coûte un milliard d’euros. Et c’est là qu’on retrouve l’argument économique. Car en bout de course ce coût il est répercuté sur la Sécurité Sociale.

Alors, argumentent nos deux docteurs, si rien que dans un cas sur dix on arrivait à un meilleur traitement, grâce à la médecine prédictive: on baisserait demain de 10% les dépenses de l’assurance maladie.

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