Hier soir, le coup d’envoi a été donné pour les défilés haute couture Printemps-Eté 2017. Les plus grandes marques ont rendez vous toute la semaine à Paris.

Le luxe et e-commerce
Le luxe et e-commerce © Maxppp / LUSSOT ERIC

La haute couture, c’est un secteur que le net pourrait bien bouleverser. Luxe et e-commerce, ça gratte un peu l’oreille, un peu comme si ces univers étaient inconciliables. Mais il y a une femme qui incarne la passerelle entre les deux. Elle vient du Vénézuela et elle s’appelle Carmen Busquet.

Femme d’affaires hors pair, pas forcément parce qu’elle vient de lancer Trustluxe à Shangaï, où vous trouvez tous les accessoires et les bijoux des plus grandes griffes... Non, c’est un autre site qui a fait sa fortune : netaporter.com. Et son coup de maître absolu c’est le site moda-operandi.

Le tour de force dans cette affaire, c’était de faire pré-commander à ses clientes des pièces de maître sans qu’elles ne les ai vues ni touchées, tout ça au moment des défilés auxquelles elles n’assistent pas, mais avant l’arrivée des pièces en boutique, ce qui bien sûr va permettre aux clientes de se distinguer.

Ce site a donc permis à Carmen de lever 60 millions de dollars il y a deux ans. Ensuite, elle a décliné le concept : Outnet.com c’est la version déstockage des pièces de luxe, et MrPorter c’est pour les hommes...

Alors bien sûr dans son sillage se sont installés d’autres sites pour trouver un sac Hermès, Céline, ou Vuitton vintage. Beaucoup d’Américains se sont mis sur le créneau : LadoubleJ, 1stdibs, Byronesque ou SielanVintage, qui connaissent eux aussi un succès grandissant.

Le luxe se démocratiserait-il ? Pas dans le sens « moins cher » en tous cas. Ce n'est pas vraiment la peine d’aller sur ces sites pour chiner des bonnes affaires : les prix restent très élevés.

Mais en mettant en ligne les produits haute couture, Carmen a quand même cassé les codes du luxe. Car le moteur du très haut de gamme, en principe, c’est l’intimidation du consommateur. Son génie, c’est la mise en scène de l’inaccessible, la distance, la fascination, le rêve que vous entretenez. Pas tout à fait compatible avec la facilité du clic. C’est pourquoi, en novembre dernier, toute la filière qui représente 40 milliards d’euros sur le territoire français s’est réunie pour réfléchir à ce que pourrait être ses perspectives…

Parmi les pistes de réflexions il y avait la suivante que j’ai trouvé intéressante : et si demain, le luxe n’était finalement plus dans les sacs à main hors de prix ou dans des robes cousues de fil d’or mais dans l’accession à la nature ? A l’air, à l’eau, aux arbres, désormais synonymes de rareté.

Quand on sait qu’aujourd’hui en Chine, les filtres à air font partie des produits les plus chers, on peut commencer à s’interroger.

L'équipe
Suivre l'émission
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.