Demain s’ouvre à Paris le 39ème congrès des audioprothésistes. Ils réclament aux candidats à la présidentielle un meilleur remboursement des appareils.

Bientôt des capteurs dans les oreilles pour tout entendre ?
Bientôt des capteurs dans les oreilles pour tout entendre ? © Getty / Flashpop

Quand on parle d’audioprothèse, on pense forcément au vieux sonotone mal réglé de nos grand-mères. Mais demain, je peux vous dire qu’on pourrait bien être tenté de s’en équiper, de temps en temps même sans problème de surdité.

Un exemple : vous êtes au restaurant, et vous essayez de suivre conversation à votre table. Et bien il va vous vous suffire de regarder la personne pour l’entendre. Et je ne vous parle pas de lire sur ses lèvres ou de langage des signes. Non, un capteur dans votre conduit auditif, va mesurer les décharges électriques qui y passent quand vous regardez quelqu’un, et cette intensité électrique va diriger un petit micro intégré vers votre interlocuteur et ramener à vous sa conversation. Cela s’appelle l’électro-oculographie et le principe devrait arriver sur le marché d’ici cinq ans. Mais il y encore encore plus fort. Cette fois c’est loin d’être au point mais vous allez comprendre en quoi c’est attractif : l’audio-prothèse, qui traduit pour vous ce que vous ne comprenez pas. Comment ? En créant une réplique de votre réseau de neurones profond. La grotte Chauvet de votre cerveau si vous voulez.

Pour l’instant pour arriver à ce résultat, on vous colle plein d’électrodes sur la tête. Mais d’ici 8 à 10 ans, tout l’appareil ne sera pas plus gros qu’un bouton de fleur et tiendra dans votre oreille. Et avec ça on pourra tous espionner la conversation qui se déroule plus loin.

Pour l’instant un appareil auditif est remboursé à 35% par la Sécurité Sociale. Le reste étant plus ou moins pris en charge par les mutuelles. Les audioprothésistes tirent donc la manche des pouvoirs publics pour obtenir une rallonge. Chez le groupe Starkey, troisième groupe mondial sur le marché, 14% des investissements sont consacrés à la recherche et développement. 14% c’est aussi la proportion d’ingénieurs parmi les 4500 salariés. Tout ça coûte cher. Et le prix est forcément répercuté sur le consommateur. Un client qui passe donc à côté de certaines innovations. Sur le marché par exemple, vous avez déjà des "débruiteurs": des appareils connectés au téléphone qui vont réduire le bruit suivant l’environnement en vous géolocalisant. Ambiance du club du bridge, ambiance du club de golfe etc.

Si demain, ce produit était moins cher que les 1400 euros actuels, il bénéficierait sans doute plus qu’aux 10 000 personnes qui s’en servent actuellement.

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