François Bayrou s’apprête à présenter son projet de loi de moralisation de la vie publique, une association propose aux citoyens de se mobiliser pour obtenir de vraies informations

Et si demain la vie publique était vraiment transparente ?
Et si demain la vie publique était vraiment transparente ? © Getty / WALTER ZERLA

Et si demain vous saviez vraiment comment votre député dépense l’argent public, et plus précisément ses indemnités de représentation ? On ne parle pas de son salaire, mais de cette somme qui lui est versée, en plus, pour effectuer son travail de député. L’IRFM, Indemnité Représentative de Frais de Mandat. 5372 euros et 80 centimes, chaque mois, multiplié par 577 députés. Ce qui nous fait, au total, 39 millions d’euros d’argent public distribué chaque année.

Mediapart le révélait avant hier - c’est donc dans cette cagnotte que le député normand Alain Tourret a puisé pour s’acheter une télévision ou encore des forfaits de parcours de golf.

Mais il n’est pas le seul, il y a quelques années, c’est avec cette indemnité que Jérôme Cahuzac s’est offert son abonnement à Canal Satellite, que d’autres ont voyagé en famille, ou acheté une villa avec piscine. Certains l’ont utilisé pour s’acheter une permanence parlementaire, ce qui en soit semble assez logique. Sauf quand elle est revendue en fin de mandat, ce qui peut s’apparenter à un enrichissement personnel. Une association : Regards Citoyens, propose donc de mettre un terme à cette opacité. Pour ça, il suffirait disent-ils que les députés fournissent les relevés bancaires associés à ce compte.

Plusieurs élus ont déjà répondu que cela ne leur posait pas de difficulté : Isabelle Attard, députée non inscrite, Le PS Regis Juanico, Dominique Nachury, chez Les Républicains, ou encore le socialiste Dominique Raimbourg, Président de la Commission des lois. D’autres en revanche, que nous ne nommerons, pas (il est toujours temps de changer d’avis) ont opposé un refus ferme. C’est que pour l’instant, ils sont assez libre avec cet argent les députés. Il y a très peu de contrôle sur les dépenses. En cas de litige, peu ou pas de sanction, on s’arrange avec le déontologue de l’Assemblée.

Mais ce n'est pas la loi de moralisation de la vie publique qui va régler ce genre de flou. Parce que sur ces indemnités de représentation, Emmanuel Macron propose autre chose, la fiscalisation. Mais payer des impôts dessus ça signifie de fait, que cette somme devient une autre source de revenu reconnue pour les députés. Et ça, dénonce Regards Citoyens ça ne va pas tout à fait dans le sens d’une moralisation. C’est pourquoi, l’association a décidé de mettre une petite pression aux parlementaires. En leur envoyant la demande par recommandé. Mais comme l’association n’est pas riche et que 577 recommandés, ça représente une somme, elle nous appelle, vous, nous, moi, à envoyer un recommandé chacun.

Tout ça centralisé par une plateforme. Pour les élus qui jouent le jeu, promis les relevés bancaires seront publiés une fois les législatives passées. Qu’on aille pas, pendant la campagne, discuter les dépenses de ceux qui ont l’honnêteté de les déclarer… Pendant que ceux qui les cachent dorment tranquillement sur leur forfaits de golf.

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