Et si vous pouviez obtenir toutes les informations sur la fabrication de votre habillement, est-ce que ça vous intéresserait ? Est-ce que ça déterminerait le choix de vos achats ?

Baskets VEJA
Baskets VEJA © DR Veja

Et si demain les marques jouaient à fond la carte de la transparence ? Si vous saviez grâce à un simple clic d’où provient le caoutchouc de vos baskets ? Comment le coton du tissus à l’intérieur est cultivé ? Ou encore, dans quelles conditions sanitaires travaillent les ouvriers qui les assemblent ?

Si vous saviez tout, de A à Z de ce que vous achetez ?

Cette sorte de glastnost du produit, c’est l’histoire que s’est choisie la marque de baskets Veja.

Ses deux fondateurs Français, Sébastien Kopp et François Ghislain Morillion se sont engagés dans le business éthique il y a onze ans. Et maintenant ils veulent tout mettre en ligne : le nom de tous les produits chimiques utilisés pour teindre leurs chaussures ou encore le dernier audit social de leur usine de Porto Allegre.

Vous y découvririez par exemple la liste des 287 produits rigoureusement interdits, ou que certains ouvriers ne veulent pas porter de masque contre la colle. Enfin les deux dirigeants se verraient même aller plus loin. Mais ça c’est encore en suspens parce que ça ne plaît pas à tout le monde en interne, de mettre en ligne les salaires de toute la boîte.

Un gros coup de com’ pour relancer la marque, direz-vous ? C’est difficile de les soupçonner de ce genre d’intention, tout simplement parce qu’ils ne communiquent pas. Veja n'a strictement pas de budget publicitaire. En fait ils n’ont pas besoin de ça pour assurer leur succès.

Aujourd’hui on trouve leur V emblématique dans 15 pays du monde. Il y a trois semaines ils ont ouvert à San Francisco et là bas, leurs baskets se vendent comme des petits pains.

En chiffres, ça donne depuis 2005 des ventes multipliées par 50. Tout comme leur bénéfice net : 10 000 euros en 2005. 500 000 l’an dernier. Cela ne paraît pas énorme, d’autant que leurs baskets sont au prix des Nike ou des Adidas classiques. Le caoutchouc est payé au prix fort, 5 à 7% plus cher que les cours du moment.

Les salariés de l’usine de Porto Allegre eux sont payés 1400 reals, soit 500 euros par mois, au dessus du salaire minimum. Et tous les bénéfices sont réinvestis dans la marque. Donc au final une chaussure ne rapporte que 1 à 2 euros. Mais 2 euros dont vous connaissez le parcours_.

Et si vous pouviez obtenir toutes les informations sur la fabrication de votre habillement, est-ce que ça vous intéresserait? Est-ce que ça déterminerait le choix de vos achats? La balle est dans le camp des consommateurs.

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