Au cours de ces deux dernières années, on a suivi les déboires des nouveaux "Blablaplane", du co-avionnage. Cette fois-ci c’est la bonne. Ils vont pouvoir décoller.

Aile d'avion
Aile d'avion © Getty / Josu Lassource / EyeEm

Nous les avions surnommés ici Blablaplane. Il s’agissait de co-avionnage.

Le principe était le suivant : un pilote partage avec ses passagers le coût de la location d’un avion. Et les fait voler de Paris à Nice, de Marseille à Strasbourg. Plusieurs jeunes pousses s’étaient placées sur ce créneau : Wingly, Offwefly, Coavmi. Emmenées souvent par de tous jeunes talents Français. Sauf que la DGAC, la Direction Générale de l’Aviation Civile, ne l’entendait pas de cette oreille.

Pour elle, les pilotes du dimanche ne sont pas fait pour embarquer des passagers. La Direction imposait donc des règles pour encadrer l’activité : d’accord mais à condition d’avoir une licence de pilote commercial. D’accord, mais à condition de pas voler plus d’une demi-heure d’affilée D’accord, mais à condition d’avoir au moins 200 heures de vol depuis la licence.

Les pilotes du Blablaplane ont surtout vu une cage

Bref, dans ce cadre, les pilotes du Blablaplane ont surtout vu une cage. Et une manière de leur couper les ailes, en les limitant, disent-ils, à 4% du marché possible, une interdiction camouflée sous les atours de la sécurité : ils s’étaient donc tournés vers l’Europe. Plus exactement vers l’ESA. L’Agence Européenne de la Sécurité Aérienne, qui elle avait donné son feu vert au projet.

Mais c’était sans compter la détermination de nos jeunes aviateurs Français, qui se sont alors tournés vers une autre Institution française : le Conseil d’Etat, qui vient tout juste d’invalider les exigences de la DGAC. C’est la toute dernière actualité qui illustre bien les obstacles qu’ont à passer les jeunes entrepreneurs Français. Pendant ces deux dernières années, certains d’entre eux, ne pouvant exercer leur activité en France, se sont installés en Allemagne, qui est plus souple.

Deux ans partis en frais d'avocats

Pendant ces deux dernières années, ces jeunes pousses ont donc investi massivement, non pas dans leur développement. Mais dans des frais d’avocats. Pour engager tous ces recours. Enfin pendant ces deux dernières années, autant dire qu’ils n’ont pas développé leur activité. Ni la croissance et l’emploi.

Demain, ils vont enfin pouvoir commencer à travailler. On l’espère aussi en donnant de vrais gages en matière de sécurité.

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