Sur la plateforme de crowdfunding Wiseed, il y a une levée de fond un peu originale. Il s’agit de particuliers qui s’entraident financièrement pour traverser une mauvaise passe.

Sur le papier l’idée est généreuse. Mais tout n’est pas si simple. Et si demain, vous aidiez votre voisin à garder son toit ? Et si demain vous l’aidiez à sortir de ses dettes ?

Vous reprendriez son crédit immobilier, le temps qu’il surmonte ses difficultés. Son licenciement, sa faillite, son divorce ?

C’est toute la raison d’être d’une start up qui s’appelle Stayhome, littéralement, « restez à la maison.»

L’idée est généreuse et se présente comme du crowdbuying entre particuliers : racheter à plusieurs la dette du voisin. Mais si ce voisin se tourne vers vous, c’est que plus aucune banque ne veut de lui.

Cela veut dire que votre voisin n’a pas payé ses crédits consommation, qu’il a accumulé les découverts, qu’il a emprunté en crédit revolving (de l’argent réutilisable à mesure du remboursement), et qu’au final il n’arrive pas plus à honorer le crédit de sa maison.

Comme 223 000 personnes aujourd’hui, il est donc fiché dans le FCIP (le Fichier des Incidents du Crédit entre Particuliers). Le FCIP, c’est le carton rouge. Fini de jouer. Etre fiché FCIP, c’est devenir le paria du crédit bancaire, et le paria de la banque tout court.

En gros, vous êtes son dernier recours, son ange-gardien, sa bonne étoile. Vous, avec d’autres, pas forcément tout seul, allez racheter son capital restant dû : en moyenne 180 000 euros. Vous, avec les autres bienfaiteurs, vous devenez son propriétaire. Votre voisin vous règle un loyer, et le jour où ça va mieux, il reprend son crédit. Les bienfaiteurs peuvent tout de même avoir quelques hésitations. Mais ce serait plutôt au voisin d’hésiter.

De l'avis d'un courtier en immobilier qui a vu plusieurs propriétaires s’organiser ainsi pour reprendre des crédits. Tout bénéf' pour eux qui avaient fini par racheter des logements très très bas prix… Quant aux voisins en difficulté ils ont fini par partir, la corde au cou.

Donc même si le système peut fonctionner dans certains cas : vigilance ! Sous couvert de système collaboratif, on peut trouver toutes sortes de pièges.

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