Elle a été maire, députée, ministre et même candidate à la présidentielle. Cela fait deux ans qu’on n’a pas entendu sa voix. Et Nathalie Kosciusko-Morizet donne sa première interview à France Inter. Pas à New York où elle vit maintenant, mais en France où elle passe quelques jours de vacances.

Nathalie Kosciusko-Morizet salle Wagram à Paris en 2016
Nathalie Kosciusko-Morizet salle Wagram à Paris en 2016 © Getty / Antoine Gyori - Corbis

Longtemps, elle fut le grand espoir de la politique française, rare femme de droite aux avant-postes. Reconnaissable parmi toutes à son allure de liane et à ses cheveux blonds vénitiens. Elle a été maire, députée, ministre et même candidate à la présidentielle. La femme croyait en son destin. Et puis soudain, après sa défaite à la primaire de la droite, et aux législatives, après la victoire d’Emmanuel Macron, elle a décidé de tout lâcher et d’aller voir ailleurs. 

"Je quitte la politique définitivement" a-t-elle dit avant de s’envoler

Ce ne fut pas la tentation de Venise, mais celle de New York, où elle vit désormais. Nouvelle vie, nouveau job, elle est executive vice president chez Cap Gemini. Sur son compte twitter, elle se présente comme simple ingénieur. Elle n’a écrit que six tweets en un an et demi. En lui lançant l’invitation, on n’y croyait pas vraiment. Mais elle a dit oui ! 

Cela fait deux ans qu’on n’a pas entendu sa voix. Et Nathalie Kosciusko-Morizet donne sa première interview à France Inter. Pas à New York où elle vit maintenant, mais en France où elle passe quelques jours de vacances. La France, elle ne l’a pas complètement quittée. Ce n’est pas loin des yeux, loin du cœur. C’est plutôt, comme elle dit « prendre de la distance sans être distant ». 

Nathalie Kosciusko-Morizet : 

Oui, je suis une femme puissante, comme vous, comme toutes celles qui nous écoutent, si elles veulent bien. 

Léa Salamé : "Vous êtes la première à dire : "oui". Toutes les femmes interviewées cet été dans cette émission ont trouvé quelques choses de suspect à la puissance."

Nathalie Kosciusko-Morizet : "Il y a peut-être une ambiguïté sur le terme. J’ai réfléchi au titre de votre émission. Il y a peut-être une confusion entre ce que c’est d’être une femme de pouvoir, ou une personne de pouvoir, et une femme puissante. 

Pour moi, une personne de pouvoir est une question de position. On a pouvoir sur les choses, sur les autres. C’est souvent relatif. Ça tient à une position." 

Tandis qu’être une personne puissante, c’est presque intime, c’est être dans son axe, c’est avoir trouvé son équilibre. 

"Et parce qu’on l’a trouvé, avoir une capacité de résilience et une capacité d’expression. En mathématiques, la puissance, c’est la multiplication d’un nombre par lui-même, c’est la démultiplication de soi, en quelque sorte. C’est personnel." 

Léa Salamé : "Avez-vous découvert aujourd’hui votre axe ? Votre centre ? 

Nathalie Kosciusko-Morizet : "Oui, et c’est pour ça que j'ai répondu "oui" quand vous m’avez posé la question tout à l’heure.

Léa Salamé : " Vous n’auriez pas répondu "oui" il y a deux ou trois ans ? 

Nathalie Kosciusko-Morizet : "Peut-être pas. J’aurais peut-être plus « chouiné » un peu plus parce que j’étais dans ambiguïté de : est-ce que c’est une histoire de position d’être une femme de pouvoir, ou une question d’être. Je ne suis plus dans ambiguïté."

Léa Salamé : "Est-ce que vous sentez plus puissante aujourd’hui que vous dirigez des hommes dont des militaires à Cap Gemini ou quand vous étiez ministre ?"

Nathalie Kosciusko-Morizet : "Dans la politique, il y a une part d’éléments de représentation. D’une certaine manière, on est plus dans le pouvoir que dans la puissance. Dans ces éléments de représentation, on vous voit d’une certaine façon, on projette des choses sur vous. 

Quand vous faites de la politique, vous êtes un écran de projection pour toutes sortes de fantasmes. Les gens ont des fantasmes sur le pouvoir. Et je suis sortie de ce champ-là et cela ne me manque pas."

La suite à écouter...

Léa Salamé et Nathalie Kosciusko-Morizet
Léa Salamé et Nathalie Kosciusko-Morizet © Radio France / Sonia Leyglenne
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