Beaucoup veulent qu'elle soit une icône féministe. Elle s'en défend. Icône des banlieues. Même chose. Passez votre chemin. Le phénomène Aya Nakamura est sur Inter.

Léa Salamé et Aya Nakamura
Léa Salamé et Aya Nakamura © Radio France / Aya Nakamura

Cette femme est une énigme. Inconnue il y a encore deux ans, elle est aujourd'hui la chanteuse française la plus écoutée dans le monde. Pour la sortie de son nouvel album, elle a eu droit à une affiche géante sur Times Square. Le tout à 25 ans à peine. 

Si vous ne la connaissez pas, demandez à vos enfants. Elle est l'idole des gamines, et celles de Madonna se trémoussent sur ses chansons.

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C'est dans un hôtel où la jeune femme a l'habitude de donner ses rendez-vous professionnels que Léa Salamé l'a rencontrée. Alors puissante, Aya Nakamura ?

"Je ne sais toujours pas ce que ça veut dire. C'est une femme qui s'assume, je pense, qui n'a pas peur de dire ce qu'elle pense, d'être elle-même, en vérité." 

Une puissance qui passe aussi par la liberté. 

"Je me suis toujours sentie libre de mes pensées. Dès l'adolescence j'avais mes propres idées, mes propres choix. Je pars du principe que ce n'est pas parce qu'on n'est pas d'accord qu'on a tort." 

Mais liberté ne rime pas toujours avec assurance. 

"J'ai appris à prendre beaucoup de recul sur moi-même. Je suis très introvertie. J'ai appris à me parler aussi à moi-même, me consoler moi-même, même quand je suis très bien entourée. Et je trouve que ça fait partie du self love."

"Je ne suis pas née en guerrière mentale"

Léa Salamé : On a l'impression que vous ne voulez pas apparaître comme une victime. Quand on vous parle de la banlieue, vous dites : "Attendez moi, je n'ai pas souffert. C'était bien la banlieue."

Aya Nakamura : Il y a un décalage entre un milieu plus ouvert et plus bourgeois que la banlieue. Mais moi, je n'ai pas eu une enfance difficile en me disant : on manque de culture, on n'est pas assez aidés, on n'est pas assez soutenu. C'est la misère. Oui, il y a des trucs un peu plus difficiles qui sont dans tous les quartiers, mais je n'ai pas vécu ça comme une enfance négative. 

Est-ce qu'il y a quelque chose qui vous a freiné ?

Pour une femme, c'est sûr qu'il y a des freins. C'est plus difficile. C'est un milieu d'hommes. Il faut savoir s'imposer. Moi, j'ai commencé, j'avais 18, 19 ans. Je ne connaissais pas forcément tous les vices, tous les rouages du milieu et du coup, on s'accroche à tout ce qu'on peut. Et c'est sûr qu'au bout d'un moment, il peut y avoir des embrouilles. Du coup, on change d'équipe de management, on se retrouve toute seule, on se retrouve un peu perdue. Il y a le manque de confiance en soi et je pense que ce sont ces épreuves là qui ont fait que je suis cette personne aujourd'hui. 

Vous avez manqué de confiance en vous ? 

Bien sûr, mais ça arrive à tout le monde. 

Parce qu'on a l'impression que vous à 25 ans, pour faire ce que vous avez fait, il faut avoir sacrément de l'assurance et de la confiance pour y aller.

Je pars du principe que pour atteindre une certaine maturité, il faut passer par plusieurs épreuves. C'est sûr que tout ne vient pas comme ça d'un coup. Je ne suis pas née en guerrière mentale comme ça, non ! Je suis passée par plein d'étapes. Il m'est arrivé plein de broutilles et je pense que ça m'a renforcée. 

Des combats à mener

Très admirative de la chanteuse malienne Oumou Sangaré, Aya rend hommage à son engagement contre l'excision. La jeune a découvert cette pratique à l'adolescence, dans un documentaire.

"Ça m'avait choqué et j'ai su qu'elle aidait ces femmes là, et peut être qu'aujourd'hui, je serai amenée à faire le même combat, c'est à dire aider ces femmes là, à se lever, à les porter, à les soutenir, à les aider avec des médecins. Je trouve que c'est important. Je la trouve hyper ouverte d'esprit par rapport à l'époque. Dans les thèmes des chansons, elle était libre dans ce qu'elle disait."

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La chanteuse revient avec Aya, son troisième album, sorti le 13 novembre 2020 sous les labels Rec. 118 et Warner Music France. Son titre Doudou est sur la playlist de France Inter.

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