Elle a eu le prix Goncourt à 35 ans. Elle a vendu des millions de livres dans le monde. Et aujourd'hui, même si elle est née au Maroc, elle incarne pour le Financial Times, ou les magazines indiens, l'élégance de la femme française.

Leïla Slimani
Leïla Slimani © Radio France / Céline Villegas

Elle est lutine. Elle a l'air douce comme ça au premier abord avec ses grands yeux noirs qui brillent et sa taille si fine. Elle a quelque chose d'une Audrey Hepburn orientale. Leïla Slimani a l'air de s'amuser de tout, de son succès, et des éloges. Elle sourit toujours, peut-être pour cacher les failles de l'enfance, et les fêlures de l’exilée. Elle sait qu'on dit d'elle qu'elle est la femme arabe libérée et sexy, comme on les aime ici en France, mais elle s'en fiche. 

Leïla Slimani reçoit chez elle, dans son appartement coloré et chic. Il y a beaucoup de bleu nuit "pour donner une impression de cocon"dit-elle. Elle aime bien la nuit, elle s'appelle la nuit, "Leila", c'est la nuit en arabe. Elle reçoit dans une sorte comme un cabinet de curiosités constitué de tous les objets qu'elle a rapporté de ses voyages en Afrique ou en Amérique du Sud. Au milieu trône un homard immense. Elle apprécie particulièrement une statue que son père lui a rapporté d'Afrique, où il s'est souvent rendu.

Léa Salamé et Leïla Slimani
Léa Salamé et Leïla Slimani © Radio France / Céline Villegas

La modestie des femmes vient de leur éducation

Leïla Slimani : 

Moi, une femme puissante ? Je suis surprise. Je ne sais pas si je le suis. Je suis une femme qui n'est pas impuissante, ce qui est déjà beaucoup. 

Si les femmes ont du mal à s'avouer puissantes, pense-t-elle, c'est peut-être parce qu'elles ont été éduquées malgré tout à être dans une sorte d'effacement, dans une forme de discrétion, à être là pour les autres, et on leur dit qu'il faut se sacrifier... 

Il y a un texte de Virginia Woolf, L'Ange du foyer, que Leïla Slimani apprécie beaucoup. Elle y explique lorsque la femme sert un morceau de poulet, elle se garde le moins bon morceau, qui en cas de courant d'air va s’assoir dans le courant d'air... Or Leïla Slimani pense que pour être une femme puissante, il faut peut-être avoir le courage de déplaire. Il faut accepter de décevoir les gens. De décevoir en tant que mère, en tant qu'épouse. Il faut décevoir les attentes que les gens ont d'elles. Elle, elle a déçu tout le temps...

La suite à écouter...

Programmation musicale 

  • Lesley Gore - You don't own me
  • Billie Eilish - Bad Guy
  • Juliette Armanet - A la folie
Leïla Slimani
Leïla Slimani © Radio France / Céline Villegas
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