Ça fait longtemps qu’on la pistait. Faire une série sur les femmes puissantes sans elle, il y avait un manque. Puissance des mots, puissance des femmes, puissance du sexe, elle a tout : encensée des Inrocks au Figaro, elle siège au jury Goncourt, et sent l’air du temps comme personne.

Virginie Despentes à Quai du polar à Lyon en 2015
Virginie Despentes à Quai du polar à Lyon en 2015 © Getty / Sophie Bassouls

Et ce, depuis "Baise-moi" il y a 30 ans, jusqu’à "Vernon Subutex" aujourd’hui ... Mais elle n'était pas disponible, en train d'écrire, elle était à Barcelone ou ailleurs, et puis un jour elle a dit oui : « Va pour l’interview !». 

Chez elle, un appartement bigarré près des Buttes Chaumont qu’elle partage avec son amie et leur chienne, des esquisses de femmes sensuelles au mur, mais aussi des photos de Michael Jackson et de David Bowie. Et puis des livres partout. 

La plus grande écrivaine française vivante est d’une douceur assez déconcertante, elle sourit beaucoup et semble un peu timide au début, et puis assez vite elle se lâche : son verbe claque, comme sa pensée, disruptive. On reçoit l'ecrivaine la plus rock du 21e siecle : Virginie Despentes est notre invitée !"

Virginie Despentes, une femme puissante ? 

Virginie Despentes : "Oui j'aime bien être perçue comme ça, même si ça ne veut pas dire grand chose pour moi de l'intérieur. Je ne me dis pas le matin : quelle puissance !

Léa Salamé : Pourquoi ?

VD : "Parce que "femme puissante", ça inspire la crainte. On va moins chercher à l’ennuyer. Je ne vois pas de paradoxe entre femmes et puissantes. J'aime bien l'idée de la puissance chez les gens que j'aime bien. Mais en soi, de l'intérieur. Ce n'est pas très précis." 

C'est quoi, la puissance ?

VD : "Ce serait par exemple, pour quelqu'un qui est écrivain, une façon de savoir porter des pages qui portent un coup, un message puissant, comme une puissance de souffle."

Léa Salamé et Virginie Despentes
Léa Salamé et Virginie Despentes © Radio France / Céline Villegas

Quand on dit le livre de Despentes, "ça un souffle", "ça fout une baffe", "ça donne une claque"... Ça vous plaît ? 

VD : "Oui, ça me plaît." 

Pourquoi est-ce si difficile pour les femmes encore aujourd'hui, d'avouer qu'elles sont puissantes ? 

VD : "Je crois que c'est difficile en général de dire : "je suis puissant" parce que ça veut dire, homme ou femme que si tu le dis toi-même, tu es un peu con, il y a quelque chose de naïf à moins d'avoir 13 ans ! 

Pour les femmes, je ne crois pas que ce soit plus difficile. Je crois que ça l'est beaucoup moins qu'il y a dix ans. Je crois que les choses ont changé très rapidement. J'imagine qu'il y a pas mal de femmes qui se sentent puissantes, et qui n'ont pas de problème avec ça et qui savent que ça ne va pas leur ôter toute séduction."

Etes-vous ambitieuse ? 

Oui, je suis ambitieuse, mais avant tout, je suis surtout paresseuse, et les deux sont incompatibles.

Tout en haut de ce que j'aime faire, c'est ne rien faire, ne rien faire et voir personne. Et ça, ça ne marche pas avec l'ambition. Mais si on pouvait être ambitieux sans rien faire, je serais très ambitieuse. J'aime bien l'idée de réussir." 

La suite à écouter...

Programmation musicale

  • The Big Sexy Noise : Trust the witch, c’était le choix musical de Virginie Despentes
  • Amy Winehouse : Love is a changing game
  • Juniore : Ah bah d’accord

►►► Plus de femmes puissantes

Les invités
L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.