L'oeuvre la plus personnelle, mais aussi la plus cafardeuse du comique Louis CK. Un formidable huis-clos dans un bar miteux de New York, tenu par deux cousins psychologiquement très instables...

Louis CK
Louis CK © Getty / Michael Loccisano/Getty Images for Peabody

Des larmes et de l'humour noir, c'est le savoureux cocktail servi dans un bar miteux de Brooklyn par... Horace and Pete.  

Le comédien Louis CK a vu les choses en grand, en autoproduisant cette série inclassable

Un générique signé Paul Simon

De grands acteurs de cinéma à l'affiche, Steve Buscemi, Alan Alda et Jessica Lange, entre autre. 

Il y a même une apparition du maire de New York, Bill DeBlasio

Horace and Pete, c'est l'histoire de deux cousins, deux quinquas fatigués, accablés, qui tiennent un bar fréquenté quasi exclusivement par des alcooliques. 

Un bar de famille, qui survit depuis 100 ans à Brooklyn, et dont on sent bien que la fin est proche. 

En cause, notamment, la gentrification du quartier. 

Régulièrement des hipsters viennent s’encanailler dans ce rade, mais le très mal aimable Uncle Pete se fait un devoir de les recevoir à sa façon...

Cette mini-série explose complètement les formats  

Le dispositif mis en place par Louis CK, auteur, producteur, réalisateur et interprète, est très audacieux

Certains épisodes durent plus d'une heure. D'autres à peine 30 minutes. 

Si un client du bar se décide à raconter une anecdote, la totale liberté de mise en scène permet que cette anecdote puisse durer un quart d'heure, comme dans la vraie vie... 

On a en fait ici affaire à du théâtre filmé.  

Avec deux décors principaux : le bar, grisâtre, et l'appartement d'Horace, situé à l'étage du dessus, grisâtre lui aussi.

Horace and Pete est une série qui parle du temps qui passe

Avec une belle mélancolie, et beaucoup de sensibilité. 

Les moments poignants, cafardeux, malaisants, sont les plus nombreux, mais chassez le naturel, il revient au galop : Louis CK vient du stand-up, et l'écriture dévie régulièrement vers la comédie

Avec des gags très drôles, comme cette longue scène dans laquelle une femme avec qui Horace vient de passer la nuit, laisse planer le doute sur le fait qu'elle était un homme, avant d'être opérée. Horace, bien sûr, ne sait pas comment réagir et s'empêtre dans des explications confuses pour ne passer pour un homophobe.

Avec H&P, on sent que Louis CK s'est paradoxalement fait plaisir, en créant cette oeuvre dépressive et déprimante.

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