Vraie-fausse plongée dans les coulisses de la tournée des protégés de Jamel Debbouze. Eboué, N'Gijol et les autres jouent d'odieux personnages, en s'inspirant d'eux-mêmes.

Le Jamel Comedy Club au festival Juste Pour Rire à Nantes en 2007
Le Jamel Comedy Club au festival Juste Pour Rire à Nantes en 2007 © Maxppp / PhotoPQR/Ouest France

Nous sommes en 2008, et depuis deux ans le Jamel Comedy Club sur Canal + propulse une nouvelle génération de comiques, adeptes du stand-up.

Face au succès de l'émission, une tournée est organisée.

Inside Jamel Comedy Club est un faux documentaire sur cette tournée

Et c'est là tout l'intérêt du dispositif : brouiller les frontières entre réalité et fiction.

Les personnages s'appellent, comme dans la vraie vie, Thomas N’Gijol ou Noom Diawara, mais ici, ils jouent des rôles, et pas des plus valorisants, puisque dans cette troupe chapeautée par un Jamel Debbouze qui surjoue le petit chef, c'est le pire de l'âme humaine qui ressort.

Misogynie, racisme, homophobie, tout y passe

Fabrice Eboué est celui qui est le plus odieux. Imbu de lui-même et arriviste, il exerce aussi une vraie pression psychologique sur sa collègue Claudia Tagbo, sous prétexte qu'il est son auteur.

Cette série est ce qu’on appelle un « mockumentary », un « documenteur »… en français dans le texte.

Un genre bien connu des téléspectateurs anglais et américains, avec des séries telles que The Office ou Parks and Recreation. 

Inside Jamel Comedy Club réussit parfaitement à décliner à la sauce française ce concept anglo-saxon.

Comme dans tout bon "mockumentary", la caméra est hésitante, avec des zooms volontairement maladroits

Autre passage obligé : les regards caméra, qui mettent particulièrement bien en valeur les moments de gêne des personnages, comme s’ils se rappelaient d’un seul coup qu’ils sont filmés, pris en flagrant délit de lâcheté ou de flagornerie.

Comme c’est souvent le cas dans les séries anglo-saxonnes qui ont servi de modèle à Inside Jamel Comedy Club, l’intolérance vis-à-vis des handicapés est régulièrement évoquée ici. 

Il y a aussi cet épisode dans lequel un humoriste nain intègre la troupe, ce qui fait très plaisir à Amel Chahbi, mais pour de bien mauvaises raisons, puisqu'elle le trouve "mignon, comme le chien de Paris Hilton."

Les scénaristes de cette série sont trois des comiques les plus talentueux de leur génération

Blanche Gardin, Fabrice Eboué et Thomas N'Gijol.

Ils en étaient alors à leurs débuts, mais avec le recul, on perçoit déjà dans « Inside » tout leur potentiel. Dix ans plus tard, le succès est toujours là, à l’image du Molière de l’humour reçu par Blanche Gardin en mai dernier.

Cette mini-série s’achève dans l’émotion, avec la fin de la longue tournée des protégés de Jamel

Mais en guise d’épilogue, on assiste aux premiers castings des comédiens, qui souhaitent poursuivre leur carrière en solo. 

De quoi provoquer de nouvelles situations de gêne et d’humiliation, et d’esquisser, en quelques scènes très drôles, une belle satire du show business à la Française.

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