Une belle promesse, mais un résultat très décevant. La grande réalisatrice Jane Campion se rate avec cette série policière sur les violences faites aux femmes.

Image de la série policière "Top of the Lake: China Girl", avec Gwendoline Christie (Brienne dans "Game of Thrones")
Image de la série policière "Top of the Lake: China Girl", avec Gwendoline Christie (Brienne dans "Game of Thrones") © Especial / Notimex

La Nouvelle-Zélande et l'Australie servent de décors, grandioses, aux deux saisons de Top of the Lake.

Robin Griffin travaille pour la police de Sydney, mais elle est de retour chez elle en Nouvelle-Zélande, pour s'occuper de sa mère, gravement malade. Cette enquêtrice spécialisée dans la protection de l'enfance est vite appelée à la rescousse par la police locale. 

La petite ville de Laketop est en émoi : on vient de découvrir que Tui, une jeune fille de 12 ans, est enceinte de 5 mois. La police soupçonne un viol. Mais Tui reste murée dans le silence, et finit par disparaître...  

Derrière Top of the Lake, une grande réalisatrice de cinéma : Jane Campion

Jane Campion, seule femme à ce jour à avoir reçue une Palme d'Or à Cannes, pour La leçon de piano en 1993.  

La Néo-Zélandaise convie ici une belle brochette de comédiens, notamment Peter Mullan, Nicole Kidman, Holly Hunter et Elizabeth Moss dans le rôle principal, l'actrice vue dans les séries Mad Men et The Handmaid's Tale. 

Dans Top of the Lake, Jane Campion est fidèle à sa réputation. L'image est très soignée, avec toujours cet immense talent pour filmer la nature, les grands espaces

Et puis, comme souvent chez cette réalisatrice, la tonalité est très féministe. Le thème central ici : les violences faites aux femmes.  

Mais cette première saison, qui date de 2013, n'est pas sans défauts. Le laboratoire clandestin de drogue, caché chez Mitcham, semble peu crédible, et les scènes qui s'y déroulent sont sans intérêt.

Peu convaincantes aussi certaines des séquences dans le refuge pour femmes, baptisé Paradise.

Les sensations de "too much" finissent par se multiplier dans une série qui fait pourtant le pari de la subtilité, de la délicatesse.

Les fans de Top of the Lake auront dû attendre quatre ans pour enfin découvrir la suite de la série... 

Et, malheureusement, la deuxième saison, baptisée China Girl, n'est pas du tout à la hauteur

Scénario tiré par les cheveux, acteurs qui surjouent, dialogues parfois ridicules... les lacunes sont nombreuses

Avec un climax, peut-être, dans ce fiasco artistique : une scène de bagarre totalement grotesque. Robin parvenant à mettre le feu à un tribunal en allumant de manière peu réaliste un rideau avec son briquet...

Si cette deuxième saison a le mérite d'être à nouveau très bien filmée, c'est vraiment l'une de ses seules qualités. 

On a parfois l'impression de regarder une série Z, filmée comme une Palme d'Or.  

Il y a évidemment un énorme sentiment de gâchis, quand on découvre cette seconde saison de Top of the Lake. 

Cette histoire de jeunes filles asiatiques prostituées qui deviennent mères porteuses aurait pu être passionnante. Mais depuis Twin Peaks et Les Soprano, les sérivores ne peuvent plus se contenter d'une belle promesse, d'un concept alléchant. Il faut une cohérence, une maîtrise dans l'exécution, qui font cruellement défaut ici. 

Dans les grandes séries, le diable est dans les détails, et on a l'impression que Jane Campion a négligé beaucoup de détails... 

Et c'est rageant, parce que consacrer une série aux violences faites aux femmes était évidemment une grande idée. 

Dommage...  

Image de la série policière "Top of the Lake: China Girl", avec Elisabeth Moss et Gwendoline Christie
Image de la série policière "Top of the Lake: China Girl", avec Elisabeth Moss et Gwendoline Christie / Especial / Notimex
Programmation musicale
L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.