Une vision sombre et boueuse de la conquête de l'Ouest. Violence, racisme et misogynie sont au programme de cette série inspirée de la véritable Histoire des Etats-Unis.

Un métro de New-York rhabillé aux couleurs de la série Deadwood
Un métro de New-York rhabillé aux couleurs de la série Deadwood © Maxppp / Daniel Acker / Landov

L'action se déroule en 1876, en pleine ruée vers l'or, dans le cadre étouffant d'une petite ville boueuse.

Deadwood, une ville qui existe vraiment d'ailleurs, est alors un campement façon bidonville, construit illégalement en territoire indien. Ses habitants sont principalement des brigands à la gâchette facile, qui atterrissent là pour fuir la justice, ou leur famille.

La série du génial David Milch est loin d'être un western à la gloire des Etats-Unis

Ici, la vision de la conquête de l'ouest est très sombre. 

La série dit clairement aux téléspectateurs américains : "voilà qui sont nos ancêtres, voilà sur quoi le pays s'est construit."

Le meurtre, la prostitution, la corruption : tout est bon pour rafler une sacro-sainte « poignée de dollars »

Deadwood montre la violence physique et économique sur laquelle s'est fondée la société américaine, et dénonce aussi la misogynie omniprésente, et le racisme envers les Indiens, les Noirs et les Chinois.

Mais attention, "Deadwood" est aussi très drôle

Les acteurs sont en permanence dans le sur jeu, les situations burlesques sont nombreuses, et les dialogues font la part belle à l'argot de l'époque, avec notamment un juron qui revient à peu près toutes les 30 secondes : « cocksucker ».

Dans Deadwood, le "héros" est l'un des pires salauds de l'histoire des séries télé : Al Swearengen, tenancier mafieux du "Gem", un des nombreux bordels que compte la ville.

Le personnage de Swearengen a vraiment existé, comme la plupart des héros de Deadwood :

- le sheriff incorruptible et dépressif : Seth Bullock

- le mythique Wild Bill Hicock, l'un des grands amis de Buffalo Bill

- le richissime homme d'affaires George Hearst, , qui fait parfois penser à Donald Trump

- la fantastique, l'inoubliable, Calamity Jane, cette clocharde alcoolique au grand cœur et... légèrement soupe au lait.

Cette série inclassable est sortie du cerveau d'un génie totalement allumé, David Milch

Ce brillant professeur de littérature à l'université de Yale, est aussi parieur invétéré, alcoolique et même héroïnomane. Un scénariste totalement ingérable mais particulièrement talentueux.

Sur Deadwood, il a les pleins pouvoirs et cette liberté artistique totale donne une œuvre radicale, débridée, et, malheureusement, inachevée...

Après la diffusion de la troisième saison en 2006, le patron de la chaîne HBO l'appelle pour faire le point sur la saison suivante. Il glisse à David Milch que, pour des raisons budgétaires, la saison 4 pourrait bien avoir un nombre d'épisodes réduit : 8 au lieu de 12. Sur un coup de tête, Milch décide de jeter l'éponge, sans plus d'explications.

Quelques années plus tard, il se justifiera quand même avec cette phrase digne d'un dialogue de Deadwood :

Comme dirait mon père : "Ne vas jamais quelque part, où tu n'es qu'à peine toléré".

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