La campagne boueuse du Pas de Calais sert de décor à cette enquête policière improbable, qui fait la part belle à l'absurde. Le cinéaste Bruno Dumont signe là l'une des meilleures séries télé made in France.

Alane Delhaye, Corentin Carpentier et Julien Bodard dans la saison 1 de "P'tit Quinquin" de Bruno Dumont
Alane Delhaye, Corentin Carpentier et Julien Bodard dans la saison 1 de "P'tit Quinquin" de Bruno Dumont © Roger Arpajou

P'tit Quinquin habite dans un village de la Côte d'Opale, non loin de Boulogne sur Mer.

Ses parents sont fermiers, et la plupart des amis de ce blondinet sacrément effronté, sont eux aussi des enfants de paysans.

Tout à coup, la quiétude qui règne habituellement dans ce territoire rural est perturbée par la découverte du corps démembré d'une femme, dans les entrailles... d'une vache !

Débarquent alors le commandant Van der Weyden, et son fidèle lieutenant Carpentier.

Le papa de P'tit Quinquin vient tout droit du cinéma d'auteur 

Bruno Dumont, qui a notamment reçu en 99 le Grand Prix du Jury au festival de Cannes, pour son film L'Humanité.

Ici, en quelques épisodes seulement, Dumont réussit à ringardiser une très grande partie de la production française.

Il faut dire qu'on est ici face à une oeuvre très personnelle

Fait rare en France : la chaîne Arte, qui produit P'tit Quinquin, a laissé les pleins pouvoirs à Bruno Dumont, et ça se ressent.

La liberté de ton est totalement rafraîchissante. Le scénario ressemble à un grand huit dans lequel on ne serait pas attaché.

C'est imprévisible, c'est totalement loufoque, et cette bizarrerie permanente est bien sûr renforcée par la direction d'acteurs.

Les comédiens sont tous débutants, et tous originaires de la région.

Le réalisme presque documentaire du jeu des acteurs percute brillamment avec l'absurdité du scénario et des dialogues

Et puis, autre point fort : quatre ans séparent la première saison de la seconde.

P'tit Quinquin a mué. C'est maintenant un ado, qui se fait appeler Coincoin.

Ces 4 nouveaux épisodes (rassemblés sous le titre Coincoin et les Z'inhumains) sont une nouvelle fois d'un très haut niveau artistique, mais on peut quand même déplorer quelques fautes de goût, quelques lourdeurs.

Il est ici question de clones, mais le commandant de la gendarmerie parle lui systématiquement de... clowns, ce qui pourrait être drôle à la rigueur une fois, mais là Dumont tente le comique de répétition, et ça ne fonctionne pas vraiment.

Autre exemple : lors d'une allusion à Marcel Proust, celui-ci est appelé Marcel Prout, ce qui n'est ni très nouveau, ni franchement hilarant.

Heureusement, la conclusion elle, est très réussie, avec une jolie scène finale, en musique, qui met un terme à cette belle aventure créative.

P'tit Quinquin, dont la filiation avec l'Américaine Twin Peaks est évidente, se hisse, selon moi, parmi les meilleures séries françaises.

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