Un seul être vous manque et tout est dépeuplé... Le vers de Lamartine semble hanter cette série poignante sur la disparition, produite par le co-créateur de "Lost".

Carrie Coon et Christopher Eccleston dans "Th Leftovers" (série HBO)
Carrie Coon et Christopher Eccleston dans "Th Leftovers" (série HBO) © HBO

The Leftovers est une série qui "fout le cafard", mais qui vaut largement le détour, avec pour thème central, la disparition soudaine d'un être cher.

14 octobre 2011 : 2% de la population mondiale disparaît subitement, littéralement en une fraction de seconde. 

Ceux qui restent sont traumatisés. Personne ne sait ce qui a bien pu se produire.

Un membre de la famille, un ami, un collègue, un voisin... tout le monde connait quelqu'un qui a disparu.  

Sont-ils morts ? Ont-ils été déplacés ? Vont-ils revenir ? Toutes ces questions hantent les 98% de "restants" 

Certains sombrent dans la folie, d'autres dans des addictions en tout genre. Les sectes fleurissent, les charlatans aussi

Les théories du complot, le terrorisme, les expéditions punitives... le monde est proche du chaos

Pour illustrer ce chaos généralisé, les scénaristes ont choisi de se focaliser sur une petite ville fictive, Mapleton, dans l'Est des Etats-Unis.

On suit les parcours douloureux d'une dizaine d'habitants de Mapleton, qui ont chacun leur façon de réagir à ce traumatisme planétaire. Il y a un prêtre un peu borné, une psychothérapeute qui a quitté mari et enfants pour rejoindre une secte, une mère de famille qui paie des prostituées pour lui tirer dessus, et... Kévin, le chef de la police de Mapleton. 

Campé par l'impeccable Justin Theroux, Kevin Garvey fait partie de ceux qui se battent pour que la vie continue, coûte que coûte.  

The Leftovers est tirée du roman éponyme de Tom Perrotta

L'écrivain américain est également producteur de cette série HBO. Mais le vrai boss ici, c'est Damon Lindelof, le co-créateur de Lost. 

On retrouve d'ailleurs bon nombre de ses obsessions. En vrac : les rêves, les hallucinations, les religions, l'au-delà, la pénitence, les mondes parallèles, la famille, le deuil, le dérèglement climatique, l'apocalypse... 

Lindelof avait déjà fait très fort avec Lost, mais il parvient dans The Leftovers à franchir un nouveau palier. 

C'est plus sombre, plus cérébral, plus profond, plus maîtrisé aussi. 

Par exemple, là où la fin de Lost a beaucoup divisé, celle de The Leftovers n'est pas loin de faire l'unanimité chez les fans.

The Leftovers, une série très évolutive 

La saison 1 est de loin la plus oppressante, la plus radicale. Avec des séquences sur le fil du rasoir. 

Le spectateur est dans une insécurité permanente. Les réactions des personnages sont imprévisibles, c'est à pile ou face et c'est très beau. 

La saison 2 est un peu, un peu seulement, plus joyeuse. Elle se déroule sous le soleil écrasant du Texas. 

La saison 3 est une longue errance des héros, qui s'achève en Australie. 

Le 28e et dernier épisode se conclut de manière inoubliable

Deux ans après sa diffusion, les discussions que suscite cette fin sont toujours aussi passionnées

The Leftovers est l'une des séries les plus tristes de l'histoire de la télé, mais aussi l'une des meilleures.   

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