Au début des années 2010, la fiction télé franchit un nouveau palier avec cette série qui concurrence frontalement le cinéma. L’univers fantastico-médiéval de Game of Thrones, avec ses dragons et ses chevaliers, parvient à séduire un très large public.

Sophie Turner, Kit Harington, Emilia Clarke et Lean Headey
Sophie Turner, Kit Harington, Emilia Clarke et Lean Headey © HBO

8 saisons, 73 épisodes dont certains durent près d'une heure et demi... la saga Game of Thrones est devenue ces dernières années un phénomène mondial, l’un des objets culturels les plus commentés de la décennie.  

Il faut dire que jamais une série n'avait à ce point concurrencé les films à grand spectacle

Au programme : des batailles épiques, des décors somptueux, des dragons plus vrais que nature, des musiques "hollywoodiennes", et bien sûr, des intrigues à n’en plus finir. 

Tout le monde, ou presque, veut s’assoir sur le trône de fer

Ce qui entraîne évidemment des trahisons, des jeux d'alliance machiavéliques, et des meurtres comme s'il en pleuvait

Dès le premier épisode, les auteurs nous font quand même comprendre qu'en gros, les gentils ce sont les membres de la famille Stark, et les méchants, les membres du clan Lannister. 

Comme toutes les grandes œuvres, Game of Thrones est pleine de contradictions

C’est une énorme machine, qui s’adresse à un public de masse, avec un budget inédit pour la télévision. 

Et pourtant, n’oublions pas que cette série est une production HBO, c’est-à-dire la chaîne spécialisée dans les œuvres d’auteur, à très haute ambition artistique, comme Les Soprano, Six Feet Under et The Wire. 

On n’aurait donc tort de résumer Game of Thrones à un produit mainstream, à visée uniquement commerciale. 

Déjà, le fait que cette série soit produite par une chaîne câblée permet aux auteurs d’aller loin dans les scènes de violence, de sexe, et dans la vulgarité. 

Et puis, plus intéressant, de nombreuses thématiques sociétales sont abordées ici avec subtilité. ce qui n'aurait sans doute pas  été autant le cas si GoT avait été diffusé sur un grand network, comme NBC ou FOX.

Il est question d’homosexualité, d’écologie, de handicap, de radicalisation, et de lutte pour l'égalité des sexes.  Avec un personnage incontournable, celui d’une jeune fille particulièrement revancharde : Daenerys Targaryen, la "Mother of Dragons"...

Mais Game of Thrones n’est pas sans faiblesses

On retrouve certains des défauts récurrents du cinéma à gros budget, qui tente à tout prix de séduire le plus grand nombre. 

Des personnages parfois monolithiques, des dialogues qui peuvent être "cucul", des gags un peu lourds et des jeux de mots qu'on voit venir à 3km.  

Mais surtout, les deux dernières saisons, bien qu’essentielles, sont moins convaincantes car tout va trop vite.  

Les habituels périples des personnages pour aller d'un point A à un point B se font maintenant à la vitesse d'un avion supersonique. 

Autre symptôme de ce manque de crédibilité : les personnages principaux, qu'on avait l'habitude de voir tomber comme des mouches, meurent "moins", comme s'il fallait conserver jusqu'au bout la majeure partie de ce casting "bankable"...  

La fin de Game of Thrones a été très critiquée... 

Moi je la trouve réussie

Déjà, elle est plus politique qu'il n'y parait : on sent chez les auteurs une volonté d'optimisme et de progressisme, face à la question de la prise du pouvoir.  

Certes, cette fin est moins spectaculaire que l'on pouvait s'y attendre, mais c'est selon moi une belle audace. 

Les auteurs bouclent vraiment la boucle, plutôt que de céder à la tentation d'un ultime cliffhanger, un ultime retournement de situation. 

C'est frustrant, mais c'est cohérent.

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