Le quotidien d'une famille de croque-morts à Los Angeles... Cette série aux allures modestes est en fait l'une des plus maîtrisées et abouties de ces 20 dernières années.

Les femmes de la série Six Feet Under dans le décor de la maison familiale
Les femmes de la série Six Feet Under dans le décor de la maison familiale © Getty / J.Emilio Flores

Noël 2000, Nathaniel Fisher, le patron d'une entreprise californienne de pompes funèbres, meurt dans un accident de la route.

Son épouse Ruth, longtemps cantonnée au rôle de femme au foyer, va s'émanciper.

Sa fille Claire, une adolescente déjà déboussolée, va être durablement ébranlée par ce décès.

Et ses deux fils, Nate et David, vont reprendre les rênes de cette PME, basée au sous-sol et au rez de chaussée de la lugubre maison familiale...

Six Feet Under - "6 pieds sous terre" en VF - parle beaucoup de la mort, mais presque autant de la famille et du sexe.

Cette série HBO, dont la diffusion a débuté en 2001, traite notamment de l'homosexualité avec une sensibilité et une précision quasi inédite à la télé, via le personnage de David qui fait son coming out.

David Fisher, brillamment interprété par Michael C. Hall, acteur qui endossera quelques années plus tard le rôle d'un serial killer, dans la série Dexter.

Au-delà de l'originalité du thème principal, la mort, c'est l'impressionnante maîtrise artistique qui fait la force de Six Feet Under.

Une série sans passage à vide 

Tout au long des 63 épisodes, le très haut degré de qualité de la série ne baisse jamais.

Mise en scène astucieuse, scénario cohérent, évolution patiente des personnages... tout est réussi, tout fonctionne.

Et puis, jamais une fiction située à Los Angeles n'a été aussi sombre, ou plutôt aussi grise...

Malgré quelques palmiers et quelques coins de ciel bleu, par-ci par-là, ce sont les scènes d'intérieur qui dominent, et c'est la chambre froide dans laquelle sont entreposés les cadavres qui indique la température ressentie ici.

Jolie trouvaille : les scènes d'ouverture

Chaque épisode débute par une mort, tournée comme un court-métrage.

C'est souvent tragique, parfois absurde, et quelquefois très drôle.

Chaque personne qui meurt en ouverture des épisodes a pour point commun d'être ensuite "prise en charge" par l'entreprise Fisher.

Derrière Six Feet Under, se cache un producteur pas comme les autres : Alan Ball, oscarisé en 2000 pour le scénario du film American Beauty.

Ce qui le différencie de la plupart des grands créateurs de séries, c'est son tempérament.

Là où la plupart des "showrunners" se comportent en dictateurs, Alan Ball aime déléguer et c'est dans un esprit très collégial que s'écrivent les épisodes.

Une ambiance de travail studieuse et détendue.

Et Alan Ball a réussi sa sortie !

On le dit semaine après semaine, c'est loin d'être évident de clore une série au long cours.

La fin de Six Feet Under est un modèle du genre

C'est malin, c'est émouvant, et c'est formidablement bien exécuté.

Avec en fond sonore la chanson de Sia, "Breathe Me", qui peut contribuer à faire monter quelques larmes aux yeux...

Programmation musicale
  • DEAN MARTIN
    DEAN MARTIN

    SWAY

    Label : CAPITOL1954

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