La vie d'une agence de pub new-yorkaise dans les années 1960... Le producteur Matthew Weiner signe un chef d'oeuvre à l'esthétique particulièrement léchée.

Mad Men
Mad Men © Getty / Frazer Harrison

Nous sommes à New York sur Madison Avenue, au début des années 1960, bienvenue dans l'agence publicitaire Serling Cooper.

Une agence qui fait partie des précurseurs du marketing nouvelle génération

Les logos tape à l’œil et les slogans infantilisants des années 1950 laissent peu à peu place à des publicités plus ciblées, plus subtiles… plus vicieuses aussi puisque le but est de séduire les clients en les manipulant psychologiquement, en sollicitant leurs souvenirs, leurs émotions les plus intimes.

Don Draper, le héros très complexe de "Mad Men"

Don Draper fait physiquement penser à Cary Grant, mais dans ses traits de caractères, on est finalement plus proche de Tony Soprano, la violence physique en moins.

Un autre personnage crève immédiatement l’écran : Peggy Olson, cette secrétaire qui ne veut pas se résoudre à subir le mépris permanent de ses collègues masculins, et qui va gravir les échelons, dans la douleur.

L’ascension professionnelle d’une prolétaire, voilà l’une des nombreuses trames narratives que le créateur de "Mad Men" prend le temps de développer, tout au long des sept saisons.

Matthew Weiner, formé à l’école des _"_Soprano", est un acharné, un control freak qui fait souvent vivre un cauchemar à son équipe. Ce caractère permet en tout cas à Weiner d’obtenir exactement ce qu’il veut.

L'exigence et la cohérence artistiques sont remarquables

Chaque costume, chaque détail du décor, le moindre verre à whisky posé sur une table, est une preuve du soin apporté à ce qu’il y a dans le cadre.

"Mad Men", c’est aussi une critique très acide de la société américaine et du capitalisme

Sans avoir l'air d'y toucher, la série aborde des thèmes sociétaux comme la surconsommation, l’alcoolisme, ou encore la pollution.

"Mad Men" traite aussi de racisme, d’homophobie, et de la question, totalement d’actualité, du consentement sexuel.

Et puis, dans les dernières saisons, la série évoque brillamment la transition qui s’opère dans les mentalités aux Etats-Unis. La génération de l’après-guerre voit d’un mauvais œil l’arrivée des hippies. En se mettant en couple avec Megan, une femme beaucoup plus jeune que lui, Don Draper se rend compte du fossé culturel qui les sépare.

"Mad Men" réussit sa sortie

La fin est superbe, bien qu’un peu déroutante. Un dénouement à la fois très logique et vraiment surprenant. 

Tout au long des 92 épisodes, on aura appris à aimer des personnages soit tristes, soit pathétiques, soit les deux. Des héros dont le point commun pourraient être la recherche permanente du désir.

Susciter le désir, c’est justement le job des publicitaires.

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