La vie tourmentée d'un couple d'espions russes, infiltrés aux Etats-Unis en pleine guerre froide... Une série d'espionnage, mais aussi une série sur la famille et sur le mensonge. Une grande série.

 Keri Russell, Matthew Rhys, Noah Emmerich et Annet Mahendru pour "The Americans"
Keri Russell, Matthew Rhys, Noah Emmerich et Annet Mahendru pour "The Americans" © Getty / Frederick M. Brown

Nous sommes en 1981, à Washington. 

Philip et Elizabeth Jennings vivent paisiblement dans un pavillon, avec leurs deux enfants. Ils sont employés dans une agence de voyage.

Mais cette vie bien rangée est une couverture : Philip et Elizabeth s'appellent en réalité Mischa et Nadezhda.

Ils sont nés en Russie et travaillent pour le KGB. Même leur couple est factice !

Ils ont été entraînés dès leur adolescence à parler uniquement anglais et à se comporter comme des Américains moyens.

Mais, en tant qu'espions en pleine Guerre froide, ils sont aussi programmés pour torturer, et pour tuer...

The Americans est une vraie série d’espionnage, mais pas seulement

Comme toute grande série - et The Americans en est clairement une - on a ici une multitude de thématiques qui s'entremêlent.

The Americans évoque avec précision cette période trouble que fut la guerre froide, mais la série est aussi une réflexion sur le capitalisme, sur le communisme, sur l'American Way of Life, sur la famille, et surtout sur le mensonge, et la difficulté de vivre avec.

Les deux héros mènent une double vie, mais c'est en fait pire que ça, puisque pour les besoins de leurs missions d'espionnage, ils doivent parfois entretenir des relations amoureuses sur le long terme avec des "cibles" désignées par le KGB.

La double vie devient alors triple, voire quadruple parfois...

Et à la maison, plus les enfants grandissent, plus il est dur pour Philip et Elizabeth de leur cacher qui ils sont vraiment.

Malgré de nombreuses scènes d'action, The Americans est une série assez lente, dans le sens où l'évolution des personnages se fait très progressivement. 

Les intrigues infusent doucement mais sûrement.

Cette patience scénaristique permet évidemment d'apporter de la nuance, de la subtilité.

Même si les deux héros sont des espions programmés pour tuer et ne pas avoir d'états d'âme, Philip et Elizabeth finissent bien sûr par être psychologiquement très affectés par cette vie de mensonge et de violence.

La vie de la famille Jennings est très triste, et la plupart des personnages secondaires (notamment Stan, Oleg et Martha) ont eux aussi des destinées tragiques.

C'est d'autant plus poignant que cette série est inspirée d'une histoire vraie

Ces espions russes parfaitement intégrés dans la société américaine, ça existe vraiment.

Et c'est ce qui rend cette série, pourtant parfois rocambolesque, si réaliste.

D'autant que la reconstitution des années 80 est particulièrement soignée.

Les costumes - et notamment une impressionnante panoplie de perruques et de lunettes -, les décors, mais aussi la musique, avec une BO entièrement d'époque (de Dire Straits à U2, en passant par Fleetwood Mac et Peter Gabriel).

Finir une série est on le sait un exercice très périlleux. Eh bien ici la fin est magnifique. L'une des plus réussies de ces vingt dernières années.

The Americans est une série discrète, mais elle est surtout sous-estimée.

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