Le spectaculaire développement de la pègre américaine pendant la Prohibition. D'Atlantic City à Chicago, en passant par New York, plongée dans le monde très sombre des gangsters des années 20.

Steve Buscemi
Steve Buscemi © Home Box Office (HBO)

En 1920, à Atlantic City, le Las Vegas de la côte Est, le conseil municipal est totalement gangrené par le trafic d'alcool.

Le parrain de ce système mafieux s'appelle Enoch Thompson, alias Nucky.

Un personnage qui a vraiment existé et qui est brillamment interprété ici par le comédien Steve Buscemi, un habitué notamment des films des frères Coen.

Buscemi incarne un gangster atypique : look de dandy, air accablé et voix haut perchée, de quoi largement contribuer à renouveler le genre.

D'autres acteurs habitués des premiers rôles au cinéma sont au générique. Notamment Michael Shannon (Take Shelter), Kelly McDonald (Trainspotting), Jeffrey Wright (Basquiat) et Michael Pitt (Last Days).

Le cinéaste Martin Scorsese produit Boardwalk Empire

L'auteur de Taxi Driver et de Casino réalise même le premier épisode.

Comme dans les films de Scorsese, l'esthétique est léchée.

On sent que la chaîne américaine HBO a eu l'ambition de concurrencer frontalement le cinéma avec cette série.

Casting hollywoodien et budget, lui aussi hollywoodien

A lui seul, l'épisode pilote a coûté 18 millions de dollars, c'est plus que certains longs métrages oscarisés !

Mais il faut dire que la reconstitution des Années Folles est somptueuse.

Les costumes, les décors, les musiques d'époque... l'immersion dans les années 20 est totale.

L'apparition inattendue d'Al Capone : l'un des moments fondateurs de Boardwalk

La série nous permet d'assister aux premiers pas de celui qui va devenir l'ennemi public numéro 1 aux Etats-Unis. 

On voit Capone gravir les échelons au sein de la mafia de Chicago.

La mafia new-yorkaise est aussi évoquée avec les débuts de gangsters qui deviendront légendaires : Lucky Luciano, Meyer Lansky et Bugsy Siegel.

Logique : le créateur de Boardwalk Empire avait fait ses premières armes sur une autre série consacrée à la mafia.

Terence Winter était le bras droit de David Chase sur les Soprano

Mais contrairement à un autre ancien des Soprano, Matthew Weiner, qui a marqué les esprits avec Mad Men, Terence Winter peine à convaincre totalement.

On a très vite un énorme sentiment de frustration quand on regarde Boardwalk Empire : ça pourrait être génial, l'une des plus grandes séries de tous les temps, mais en fait c'est seulement "pas mal".

Tout est fait pour nous séduire : l'ambition artistique et les moyens qui lui sont aloués, la thématique développée, la dimension historique, l'excellence des acteurs.

Mais il manque quelque chose. Sans doute un peu de folie, sans doute un peu plus d'engagement de la part de l'auteur aussi.

Et puis, il y a surtout un trop gros déficit d'empathie vis à vis des personnages.

Personne n'est heureux dans cette série, il n'y a aucun espoir.

Et ça peut, au bout d'un moment, devenir une vraie souffrance aussi pour les téléspectateurs...

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