On pose cette question dans la ville à cheval entre deux continents : on est du côté asiatique d’Istanbul, au bout, de l’autre côté, c’est l’Europe. Istanbul, c’est comme un corps tendu entre deux continents et qui n’a pas choisi. Comme certains de ses habitants. Rencontre avec Burcu, militante féministe turque.

Photo aérienne du pont du Bosphore à Istanbul
Photo aérienne du pont du Bosphore à Istanbul © AFP / Ibrahim Suha Derbent

Pendant un moment très bref, l’Europe c’était Romain Duris et l’auberge espagnole. Aujourd’hui, quand j’en parle autour de moi, la thématique ennuie profondément. Un ami qui pourtant me veut du bien, a utilisé le terme "rebutant".  Pour d’autres l’Europe c’est encore la dernière utopie. Le problème c’est que personne ne comprend vraiment ce qui s'y passe, ce que ça recouvre. On y projette ce qu’on veut et on s’y perd facilement.  Je suis à Istanbul pour voir où commence l’Europe, et quel miroir ce pays nous tend. Ça me semblait un bon point de départ pour une émission sur la jeunesse de ce continent dans un contexte disons le… tendu.  

On a toute l’année, 44 épisodes, pour donner la parole à des jeunes dans leur complexité. Euro-sceptiques, eurobéats, ou entre les deux. De Moguilev à Estobal, de l’Ile de Batz, à Istanbul... la seule chose qu’ils partagent tous, c’est ce continent élargi.

Burçu, jeune féministe turque

Et on débute avec Burcu, jeune féministe turque qui était à Gezi en 2013, qui a vécu le coup d'Etat de 2016 et qui aujourd'hui, cherche sa place entre deux continents et la meilleure façon de s'engager.

Burcu, militante féministe turque, constate que l'Europe ça ne marche pas, se détourne du projet européen mais envisage tout de même d'aller s'installer dans le pays voisin, la Grèce. Sa famille est en partie kurde, son père était militant de gauche et a été souvent arrêté. En réaction a cette enfance inquiète elle a longtemps refusé de militer. Mais dès le lycée, au milieu de camarades très politisés il a fallu se positionner et se forger des opinions ...

Jean-François Pérouse, enseignant chercheur à Istanbul, ancien directeur de l'institut français des études anatoliennes : l'horizon européen compte beaucoup pour la jeunesse turque,  elle voudrait vivre l’insouciance et ses espoirs sans être sans cesse contrainte par l’Etat ou la famille. Il y a une certaine exaspération, notamment chez les femmes...

Alexandre Billette, journaliste correspondant de RFI en Turquie : c'est avec lui qu'on traverse le Bosphore et que partis d'Asie, on rejoint le continent européen.

Programmation musicale : 

Anna Calvi, Don't beat the girl out of my boy

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