Pour les sœurs Gaëtane et Jeanne-Thérèse, il n'y a qu’une réponse à la crise environnementale : regarder vers le ciel. À cinq kilomètres d’elles, Baptiste, néo-rural, musicien et militant, prône, lui aussi, le retour à une vie plus simple, mais les pieds dans la terre. Deux salles, deux ambiances, pour un seul village.

Face à la crise écologique et environnementale, les sœurs Gaëtane et Jeanne-Thérèse ont fait le choix de regarder vers le ciel
Face à la crise écologique et environnementale, les sœurs Gaëtane et Jeanne-Thérèse ont fait le choix de regarder vers le ciel © Claire Braud

Après l'épisode 66 de Foule Continentale, « Ardèche : le crapaud et le clocher », il est temps de prendre un peu de hauteur vis-à-vis de la querelle qui agite Saint-Pierre-de-Colombier au sujet du projet de construction d'une église. Passer à l'acte deux, pour poser d'autres questions. Que faire du monde rural dans le contexte de chaos climatique ?  Faut-il planter des éoliennes ou construire des lieux de culte ? Se tourner vers Dieu, vers la spiritualité, ou retourner vers la terre ? Ces questions, Caroline Gillet les a posées à des trentenaires, appartenant à des communautés arrivées plus ou moins récemment dans la vallée et qui ont des visions très différentes du sens et des solutions à apporter à la crise contemporaine. Il y aura les Sœurs Jeanne-Thérèse et Gaëtane, Manon Commaret et Pierrot Pantel, auteur et autrice du livre L'Effondrement de l'empire humain - Regards croisés, paru en août 2020 aux éditions Rue de l'échiquier, ainsi que le musicien Baptiste Dupré.

Ardèche, acte II

Pour de nombreux trentenaires, mais aussi pour les plus jeunes et les plus âgé·e·s, la catastrophe écologique et la pandémie a déclenché une quête de sens. Pour Caroline Gillet et une partie de son entourage, majoritairement parisien, la réponse aux questionnements se trouve dans un utopiste et fantasmé retour à la nature. Et tou·te·s se lancent dans le compost sur leur rebord de fenêtre ; la terre et le télétravail, servir un projet communautaire plus égalitaire et davantage en phase avec le monde naturel. « En immersion dans le sentiment océanique de la nature », comme dit Laure Adler dans une interview accordée au journal Le Monde du 6 septembre 2020

Caroline, ainsi, pourrait s’imaginer, comme Baptiste Dupré, la chanson en moins, vivre en Ardèche

Dans cet épisode 67, il est donc question de ces choix que l’on fait face à la crise. On commence dans le hameau de Bise, nommé d'après, non pas le geste d’affection, mais le vent du Nord. La scène se passe à la fin de l'été, il fait chaud, il y a un marché de petits producteur·rice·s sur lequel on peut acheter du miel, des produits aux marrons bio et de la viande pour la faire cuire sur des barbecues allumés par des bénévoles.

Quand à Bise nous sommes venu·e·s...

Baptiste Dupré fait ses balances dans un jardin privé du village de Bise. Ce·lle·ux qui l'accueillent ont écrit sur un drap tendu derrière lui le nom de groupe pour leur concert du soir : « Bat Dup et John Mout ». Ils ont ajouté la phrase « Rêver sa route hors des sentiers battus ». C'est auprès de cette communauté, dans ces paysages, que Baptiste, néorural pré-Covid, a décidé de s’installer il y a 15 ans. Sa compagne faisait alors une reconversion vers la boulangerie, elle avait trouvé un maître de stage en Ardèche, il et elle sont venu·e·s là tou·te·s les deux, ont restauré une ruine à Burzet et ne sont jamais reparti·e·s. Baptiste dit :

Si l'on veut être Johnny Hallyday, en Ardèche, ça n’ira pas. Mais si on veut juste chanter un peu, ça le fait.

Cet été-là, Baptiste Dupré et son bassiste, John Mouton, font une tournée à dos d’âne. Dans leur répertoire, parmi les chansons les plus récentes, il y a « À portée de ma voix », qui dénonce le projet d’église à Saint-Pierre-de-Colombier. Saint-Pierre, c’est à 30 minutes et quelques virages en voiture de Bise. C’est un village qui compte 400 habitants situé non loin de Burzet, où Baptiste réside et est engagé dans le lien social avec l'association Mont'a la Feira.

Pour aller plus loin

La programmation musicale du jour

Asaf Avidan, "Lost Horse", 2020

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