La démocratie est dans une impasse. On est allés voir des jeunes suisses, pour comprendre comment fonctionne leur système de votation. En Islande, des citoyens avec l'aide d'experts ont intégralement récrit leur constitution. Est-ce qu’on pourrait faire pareil et co-écrire une constitution Européenne ?

Révolutionner la démocratie
Révolutionner la démocratie © Radio France / Claire Braud

Les élections des députés européens auront lieu fin mai dans tous les pays membre, en France et en Belgique ça sera le dimanche 26 mai. En France, selon un sondage IFOP seuls 23% des 18-25 ans pensent aller voter, c'est la plus forte prévision d’abstention depuis que l’Observatoire du Comportement Électoral des Jeunes existe … Pour nous inciter à aller aux urnes, le Parlement européen a produit un clip qui aurait déjà été vu par un européen sur 5 en moins de deux semaines. On y voit des enfants, des nouveaux nés, des femmes enceintes à la maternité,  des maris inquiets puis heureux. Le parlement européen a choisi l’émotion pour nous inciter à aller voter.

Face à ces chiffres et avec le mouvement des gilets jaunes en France, on entend partout qu’il faudrait une démocratie plus participative. On va entendre ici un vingtenaire, trois trentenaires qui se mobilisent sur ces questions. On va parler aussi de ce qui s’est passé quand l’Islande a décidé de faire appel à ses citoyens pour rédiger une nouvelle constitution. Et puis, on s'est dit que ce serait intéressant d'aller voir le cas Suisse. Parce qu’on parle beaucoup de leur modèle où le peuple est souvent consulté par referendum. Chez eux, quatre dimanches par an sont réservés aux votations. Plus de 550 objets ont été soumis aux citoyens depuis la création de L’État fédéral en 1948. Les sujet des referendums : la santé, les impôts, l’énergie, la sécurité routière sont très proches. On leur soumet des questions, auxquelles la réponse est oui ou non. Apparemment, le plus souvent c’est non et le taux de participation est de 40% en moyenne. 

Dans cette émission on entendra : 

Till Burckhardt a 35 ans, il termine une thèse à l’université de Genève sur les politiques linguistiques en Suisse. Il est le fils d’un père suisse germanophone et d’une mère suissesse italophone. Il appartient au mouvement citoyen Operation Libero un groupe d'activistes qui selon le quotidien britannique The Guardian aurait peut-être trouvé le moyen de freiner les populistes d'extrême droite en Suisse. Till explique qu'en Suisse le peuple est un organe politique et constituant. Avec ce système la constitution évolue beaucoup, on vote plusieurs fois par an. Le principal reproche à l'égard de ce système où le peuple est souvent consulté c'est la lenteur des évolutions législatives, comparé par exemple au système français beaucoup plus réactif mais aussi facteur de beaucoup d'instabilité.

Janos Ammann a 26 ans il habite à Schwamendinguen en banlieue de Zurich où les loyers sont moins chers. Il est en stage dans une société d'assurance, et il est lui aussi un membre actif de Operation Libero. En ce moment il se mobilise sur la campagne du prochain référendum qui aura lieu en Suisse : faut-il ou non durcir la législation sur la détention d'armes automatiques pour se mettre en conformité avec les nouvelles directives européennes s'appliquant à l'espace Schengen ? Si les suisses répondent non, il y a un risque qu'elle sorte de l'espace Schengen. Pour Janos, les référendums sont utiles pour donner voix à des voix qui n’étaient pas écoutées mais il existe aussi très grand potentiel d’être abusé et déçu. Pour lui le plus important c'est d'accompagner les référendums par l’éducation, le débat d'idées.

Un article Sur Opération Libero paru dans 'Le Temps'

Leur clip de campagne pour le mariage pour tous

Shahin Vallée est spécialiste des questions européennes et est proche de Thomas Piketty qui vient de publier avec plein de collègues un petit ouvrage qui dit que non, les traités européens ne sont pas une fatalité. Le livret s’intitule sobrement mais explicitement "changer l’Europe c’est possible". Il nous parle de l'exemple de l'Islande où sous la pression populaire une constituante a été menée par les citoyens eux-mêmes. 

Dans Libération, un article sur l'initiative de Thomas Piketty pour rendre l'Europe plus sociale.

Samuel Goëta est sociologue de formation et a écrit une thèse sur l'open data, c'est à dire la mise en ligne de données en libre accès, un mouvement qui pourrait faire avancer la démocratie participative en ce qu'elle donne des outils à tout citoyen. Il a co-fondé la SCOP Datactivist qui travaille justement à traiter les données produites par toutes les administrations et que la loi oblige désormais à rendre publiques et accessibles aux citoyens. Ce sont plutôt des données factuelles ou si ce sont des données personnelles elles sont anonymisées. Ces données concernent par exemple le nombre de bancs, d'arbres, de km de pistes cyclables, les budgets, les dépenses, les subventions d'une collectivité publique. Leur libre accès permet en théorie aux citoyens d'être à armes égales avec l'administration, de s'informer, de contester des décisions, d'améliorer des projets. Le problème c'est qu'elles ne sont pas toujours facile à trouver. 

Pour aller plus loin : Voir le documentaire Democratie(s), réalisé par l'équipe de Data Gueule

La programmation musicale : Loyle CARNER/REBEL KLEFF/KIKO BUN, You don't know 

Et si comme beaucoup vous n’avez rien compris au système électoral du parlement européen, on vous invite avec Maxime Calligaro à venir boire des bières. A cette occasion, il a promis de répondre à toutes les questions que vous n’avez jamais osé poser. Ce sera le jeudi 22 mai à 20h au Liberté living lab, rue Alexandrie à Paris. 

Et si vous ne pouvez pas être là, vous pouvez quand même nous envoyer vos messages, vos plaintes, vos stratégies de vote par téléphone au 00 33 1 56 40 53 78.

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