Camille et Mélanie partagent une expérience professionnelle particulière : le porno. Camille était animatrice pour le minitel rose. Mélanie a grandi avec les ‘tubes’ – la pornographie gratuite sur internet. A 30 ans, elle a décidé de fonder la première boîte de prod de films pornographiques éthiques en Suisse romande.

Travailler dans le porno
Travailler dans le porno © Radio France / Claire Braud

Il y a quelques semaines, on avait déjà exploré les voies plurielles de la sexualité, dans un épisode de Foule Continentale en compagnie des fondatrices du Fesses' tival de Genève.  

On poursuit la discussion autour des limites qu'on se fixe, des tabous, des discussions qu'on peut ou pas, avoir autour de ces sujets avec ses proches.Il y a ici deux autres jeunes femmes qui ne se connaissent pas, mais qui ont un point commun : celui de travailler, ou d'avoir travaillé, dans le monde du porno, au sens large. 

Elles ont 8 ans d’écart, et ce travail, elles ne l'ont pas exercé à la même époque, alors leurs deux expériences, forcément, constituent un bon témoignage de l'évolution du porno dans la société contemporaine, dans ses usages et sa consommation...

Pour financer ses études, Camille a travaillé pour le Minitel Rose

C'était il y a 16 ans. Après quelques années peu concluantes en école de théâtre à Paris, elle descend à Aix où le climat est plus doux, et où elle trouve un petit boulot d'"animatrice" dans une société qui gère des chatrooms coquines sur le Minitel, l'ancêtre d'internet. C'est le fameux Minitel Rose.

Camille doit répondre aux utilisateurs du Minitel qui recherchent un peu de compagnie en ligne. Elle travaille sur deux salons de discussion : l'un de rencontre, où elle se fait passer pour véritable utilisatrice, et l'autre, un salon de tchat carrément SM où l'ambiance est beaucoup moins fleur bleue.

Mélanie a fondé une société de production de films pornographiques éthiques

A 30 ans, elle a créé Oil Production, la première boîte de production du genre en Suisse Romande.

En voilà le manifeste, en quelques sortes : Oil Production vise a proposer, dans un cadre de travail légal, sûr et juste, des films qui portent un nouveau regard, plus en phase avec l’époque, sur la médiatisation du sexe. Le tout sans verser dans les clichés pastel ni lésiner sur l’érotisme.

Mélanie est une fervente défenseure du "sexe positif", une notion définie par Camille Emmanuelle, auteure du livre Sexpowerment comme “la déconstruction des clichés sur la sexualité masculine et féminine. Elle est essentielle pour aller vers plus d’émancipation et vers l’égalité homme femme. Ce qui se passe dans la chambre à coucher a aussi des conséquences sur la vie sociétale : si on met la femme dans la case romantique et l’homme dans celle du dominant et du performant, on perpétue ces clichés dans la vie de tous les jours”. 

Mélanie figure aussi dans les films d'Oil Production :

C’est du bonus de se confronter à ça, de se sentir forte, belle, sexualisée, ce n'est pas une injonction pour tout le monde, mais si c’est le cas et si ça attire, il faut aller jusqu’au bout, moi ça me fait un bien fou.

Le porno éthique, c’est plus d’attention et moins de prévision. Il y a peu de script, pour pas être enfermés dans un scénario. C'est aussi plus de temps. Pour un film de 6 minutes, on prévoit une soirée de tournage.

Travailler dans le porno
Travailler dans le porno © Radio France / Claire Braud
Travailler dans le porno
Travailler dans le porno © Radio France / Claire Braud
Travailler dans le porno
Travailler dans le porno © Radio France / Claire Braud
Travailler dans le porno
Travailler dans le porno © Radio France / Claire Braud
Travailler dans le porno
Travailler dans le porno © Radio France / Claire Braud
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Travailler dans le porno © Radio France / Claire Braud
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Travailler dans le porno © Radio France / Claire Braud

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