A une semaine des élections européennes, petit kit de survie à l'usage des nouveaux députés élus qui ne connaîtraient pas les rouages du parlement.. et puis, brexit, épisode 86, accord ou pas accord ? Est-ce qu'on peut faire remonter la saga brexit aux années 50?

Caroline Gillet et Maxime Galigaro
Caroline Gillet et Maxime Galigaro © Radio France / Claire Braud

Pour cette mensuelle, Maxime Calligaro, ancien fonctionnaire européen, propose de revenir sur ce qui se jouera à Bruxelles après les élections européennes. Parce qu’on nous parle des candidats, des programme (enfin plus ou moins), on entend ces candidats débattre, mais on a du mal à saisir ce qui va se passer au lendemain des élections. Le parlement européen c’est comme un parlement national mais en fait pas du tout. Alors à quoi vont servir ces députés ? Comment et pourquoi est-ce qu’il vont faire des alliances ? Pourquoi ça joue sur les stratégies de vote ? on s’est dit qu’il était peut-être temps d’avoir ces infos à une semaine de l’échéance.

On a imaginé qu'on s'était présenté sur une liste 'Yoga et crustacés'. On s'est demandé quel pourrait être notre kit de survie de nouveau député européen pour se faire entendre les premières semaines et surtout faire passer des directives. Et puis dans la deuxième partie on a décidé de s’emparer d’un sujet, inédit, sur lequel on va vous faire de grandes révélations : le Brexit !

Mais tout d'abord, on termine notre tour de table des candidats pour le poste de président de la Commission européenne. Chaque mois, Maxime est venu ici pour nous dire que cette compétition, ça pouvait être excitant comme un épisode de House of Cards. Et on avait envie de le croire … Au point qu'il nous signale un lien vers un débat organisé entre six candidats à la présidence de la Commission, de six groupes, six nationalités. C’était il y a une semaine ou deux, ça s’appelle Le débat de MAASTRICHT.  

On y voit un débat plutôt rythmé, où chaque candidat à une minute pour répondre aux questions ... On y voit aussi une candidate qui se situe à la gauche de la gauche dans l'hémicycle du Parlement européen, la candidate du GUE. La GUE, c’est l’acronyme de la “Gauche unitaire européenne”. C’est le groupe qui accueille, entre autres, les Insoumis, les partis communistes d’Europe, les membres de Syriza d’Alexis Tsipras et les espagnols de Podemos. Ils ont plusieurs candidats. Il y a Violeta Tomic, une slovène, Nico Cue, un syndicaliste wallon. Mais le vrai candidat de la gauche radicale européenne semble être le grec Yanis Varoufakis. Il a été ministre des finances de la Grèce au plus haut de la crise de l’euro. Il fait une campagne transnationale. Il ne se présente pas en Grèce, mais en Allemagne, comme un bras d’honneur à la politique d'austérité qui incarnerait ce pays. (Et puis aussi parce que c’est plus facile pour lui de se faire élire en Allemagne à cause des règles électorales.) 

1 Elections européennes, kit de survie en milieu hostile

La première étape quand on est élu au Parlement européen et qu'on découvre ses nouveaux bureaux, c'est de se trouver des copains. Parce qu’au Parlement européen le nouvel élu est avec plus de 700 autres députés, et tous ne lui veulent pas du bien ... Donc il faut se choisir un groupe, et c'est toute une stratégie. En ce moment il y a 8 groupes mais les choses pourront changer après les élections. 

José Luis Pacheco est chef du secrétariat de la commission affaires constitutionnelles, il connaît bien les règles du jeu et nous a expliqué pourquoi les députés ont intérêt à se mettre en groupe pour faciliter leur travail quotidien. 

Une fois que le ou la député.e a choisi son groupe parlementaire, il lui faut choisir la commission parlementaire dans laquelle siéger, en fonction des domaines qui l'intéressent, par exemple les transport, l'énergie, la culture. Et là il va falloir se battre à l'intérieur du groupe car il est possible que d'autres députés lorgnent sur les mêmes commissions. 

Ensuite le député, au sein de sa commission doit se battre pour obtenir un rapport, un dossier, qui permet de faire des propositions. Et c'est là où le vrai travail se fait. Car il va falloir convaincre dans cette commissions, obtenir une majorité en faveur de ces propositions. Au Parlement européen il faut au moins trois, voire quatre groupes politiques pour faire une majorité. Ce n’est pas comme au Parlement français où un parti domine. À Bruxelles, il faut la jouer plus fine, faire des compromis, des alliances larges. Une fois que ce rapport modifié, amendé après les discussions au sein de la commission parlementaire est adopté il faut ensuite qu'il passe soit voté en session plénière pour être adopté par les 750 députés, à Strasbourg. Parce que le travail en commission parlementaire se fait à Bruxelles, mais le siège officiel du Parlement est à Strasbourg, donc c’est la qu’on vote les textes.

Noé Debré, est scénariste et créateur d’une série en cours d'écriture sur le Parlement européen qui sera diffusée par France Télévisions. Et il explique pourquoi, selon lui,  il n’y a jamais eu de fiction sur l’Union européenne. Pour lui la raison majeure c'est que Bruxelles déteste le conflit apparent. Les Conflits sont là mais larvés. Or la fiction se nourrit du conflits. 

2- Le Brexit, les britanniques et l’Europe

Autre gros dossier dans lequel on se perd : Le brexit. On nous a annoncé 15 fois qu’il y avait un accord, puis en fait non, puis si ... Il y a quelques semaines, nous sommes allés à Londres rencontrer Antoine Giniaux, le correspondant de Radio France, il nous explique le Brexit en une minute 30 secondes chrono. Et Maxime Calligaro nous rappelle tout le passé et la passif qui existe depuis l'origine lors de l'intégration de la Grande Bretagne à l'Union Européenne. Comment le petit projet européen d'origine prend de la vitesse et comment les Britanniques tentent de le torpiller en créant une Europe concurrente, une Europe du libre échange avec les Suisses et les scandinaves. Mais ça ne marche pas. L’Europe des 6 s’impose, et les britanniques se disent qu’ils sont en train de louper le coche, et finalement ils posent leur candidature pour entrer dans l’Europe. 

Et là le Général De Gaulle dit “non”. Il faudra attendre le départ du Général de Gaulle pour que la candidature du Royaume-Uni soit acceptée.

Une série anglaise du milieu des années 80 qui s’appelle Yes, Ministre est assez révélatrice de la position britannique sur l’Europe. 

A voir sur Arte, un documentaire de Alain de Halleux qui a suivi pendant 2 ans Michel Barnier, le négociateur européen pour le Brexit : Brexit, The clock is ticking.

Alors que va t il se passer après le Brexit pour les fonctionnaires britanniques européens ? Vont-ils devoir quitter un pays, la Blegique dans lequel ils vicent pour certains depuis des années ? Beaucoup ont vite essayé de prendre la nationalité belge pour pas être expulsés. 

Laura Rayner, une écossaise qui travaillait au Parlement européen et vivait en Belgique depuis 2009 a obtenu la nationalité belge mais a dû se battre pour cela. Elle nous raconte son histoire et comment elle avait vécu le Brexit, depuis Bruxelles. Le lendemaine même des résultats du Brexit, elle se rend à la mairie pour faire les démarches. 

Programmation musicale : DISQUE THE SPECIALS, Vote for me 

Pour les Belges : à lire dans Le Monde, un comparateur de vote avec les programmes, les listes, les candidats des 34 listes françaises. On 'na pas trouvé d'équivalent gratuit pour la Belgique, vous bien?

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Mercredi 22 mai, soirée de 19h à 22h au Liberté Living Lab à Paris, nous organisons une soirée Kit de survie pour l'électeur européen cette fois. Nous réunirons des collègues et des amis qui connaissent les questions européennes, et répondrons à vos questions. Toutes les infos sur l'event Facebook. 

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