Y a t'il des "méchants" et "gentils" lobbies ? Qui sont ces gens? Pourquoi a t-on peur du TTIP et du CETA ? Comment teste-t-on la santé d'une huitre? Et que reste -t-il de la gauche européenne? Réponses depuis les institutions européennes avec Maxime Calligaro, ancien eurocrate qui sait s'y repérer.

La mensuelle : lobbies, shopping mondial et mollusques marins
La mensuelle : lobbies, shopping mondial et mollusques marins © Radio France / Claire Braud

Une fois par mois, Maxime Calligaro, tel un mollusque marin, part en immersion dans le monde étrange des institutions européennes. Ce mois-ci, il est parti remuer les fonds marins pour comprendre si les lobbies font la loi à Bruxelles et comment on négocie les accords de commerce. 

Mais tout d'abord, à moins de 100 jours des élections, on passe en revue les différents partis politiques et leur candidat à la présidence de la Commission européenne. Après le candidat de la droite européenne l’Allemand  Manfred Weber le mois dernier, (...) cette semaine on vous présente le candidat des socialistes européens le Néerlandais Frans Timmermans.

Nous allons ensuite essayer de déterminer quelle est la place des lobbies à Bruxelles et voir quelles règles changent en ce moment visant à réguler leur activité… Dans une précédente émission sur l'architecture des institutions européennes avec Ludovic Lamant, en plein rond point Schuman, le cœur du réacteur européen, on s'était posté devant un immeuble abritant une partie de ces lobbies, Ludovic Lamant nous avait confié qu'ils seraient 30 000 à Bruxelles à agir dans l'ombre. Parmi eux on trouve des cabinets de com’ qui représentent des entreprises et des gouvernements, des ONG, aussi qui défendent la nature et le climat, des syndicats, des fédérations professionnelles ou industrielles ... Alors y aurait-il des bons et des mauvais lobbyistes, comme il y aurait les bons et les mauvais chasseurs ? 

Le bon et le mauvais chasseur, sketch des Inconnus

Nous avons posé la question à Pascal Durand, eurodéputé français qui siège dans le groupe des Verts et qui suit de près les dossiers de transparence. Les Verts sont d'ailleurs le groupe à la pointe en matière de transparence, et ils ont fait bouger les lignes. Le Parlement européen vient de changer ses règles internes pour que les députés qui bossent sur un dossier aient l’obligation de publient les rendez-vous qu’ils ont eus avec les lobbies pour qu’on puisse établir la traçabilité des décisions, comme on peut établir la traçabilité d’un morceau de viande. Pascal Durand nous fait le récit de cette bataille parlementaire.

Thomas Legrand avait consacré une chronique à ce vote. 

Les institutions européennes ont été précurseures en matière de transparence, notamment sous l'influence des pays nordiques où l'utilisation de l'argent public est très encadrée. En France par exemple, ce n'est que depuis 2016 que l'on encadre plus strictement les lobbies. 

Le registre Transparence que tout citoyen européen peut consulter c'est ici

Pour Alberto Alemmano, mieux encadrer les lobbies à Bruxelles c'est bien mais ça ne suffit pas. Il est professeur de droit et il a créé la start upGood Lobby”. Le défi pour lui c’est surtout d’encourager le bon lobby, le lobby citoyen. 

Alors pas facile de rencontrer des lobbyistes à Bruxelles qui défendent la pétrochimie, les gaz de schiste et les pesticides. Mais Maxime Calligaro en a  trouvé un qui assume totalement et qui lui a ouvert les portes de son cabinet. C'est Thomas Barros-Tastets patron du cabinet de consulting G Plus. Lui c’est plutôt le lobby “cool”, même s’il n’a pas que des clients cools. Il explique le métier de lobby, comment il bosse, comment il parle aux fonctionnaires de la Commission européenne, aux élus et aux diplomates des États qu’il qualifie de plus grand lobby de Bruxelles. Dans un  récent rapport, l'observatoire des lobbies, Corporate Europe, montre comment les États membres sont devenus les meilleurs lobbies des grandes groupes...

La programmation musicale : H BURNS, Crazy ones

En deuxième partie d'émission, on décortique les accord commerciaux européens. (...) Négocier des accords commerciaux, c’est le job de la Commission européenne. C’est ce qu’on appelle, une “compétence exclusive” de l’Union européenne. Concrètement, la France la Belgique n’ont pas le droit de faire d’accords commerciaux de leur côté, avec l’Australie ou le Togo, par exemple...  Mais attention, la Commission Européenne ne fait pas cela toute seule dans son coin. Elle négocie sur la base d’un mandat, d’une feuille de route des États membres et le résultat est soumis au Parlement Européen et parfois, aussi, aux Parlements nationaux. 

Pour un récapitulatif des accords de commerce européens c'est ici.

André Sapir, professeur d'économie de l’Université libre de Bruxelles, nous explique comment pendant très longtemps, le commerce mondial était assez consensuel. Mais les choses ont changé, les années 30 ont été très le protectionnistes, puis on a assisté à une ouverture des économies après la seconde guerre mondiale. 

Cécilia Malmström est commissaire européenne au commerce, elle est suédoise, elle nous explique quel est son rôle dans la négociation des accords commerciaux. Et comment les pays européens n'ont pas tous la même attitude vis à vis de ces accords, et les regarde avec plus ou moins d'inquiétude. 

Lora Verheecke est lobbyiste pour l'ONG Les Amis de la Terre Belgique. Elle nous explique que le commerce mondial moderne ce n’est plus juste baisser des droits de douanes, mais c’est aussi toucher à des normes, et notamment des normes environnementales. Selon elle il n’y a pas de véritable débat en Europe sur le genre de commerce que l’on veut et les accords commerciaux continuent d'être votés dans l'indifférence totale.

Le lien de la page Facebook de 'Foule Continentale'.

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