Ce soir, focus sur l’auteur, compositeur, interprète... Une soirée cabaret pour rendre hommage à l'auteur de plus de 800 chansons, dont "Le Déserteur" et au grand amateur de jazz, et joueur de trompette. En 1939, il avait déclaré à Duke Ellington : "Sans le jazz, la vie serait une erreur !"

Boris Vian au Tabou en 1947
Boris Vian au Tabou en 1947 © Getty / Serge DE SAZO

Le  3 octobre 1971  l’écrivain surréaliste Noël Arnaud est au micro de Luc Bérimond dans l’émission  « La fine fleur de la chanson »

"Boris Vian n'a jamais, en bon physicien, établi de hiérarchie des valeurs. Il a tenté de s'exprimer sur tous les registres qui lui étaient offerts. Le roman, mais aussi bien l'opéra, car il a écrit des opéras, la chanson car il en a écrit très tôt et il en a écrit près de 800. On a longtemps pensé 400, mais le dernier recensement en donne 800 et nous ne sommes pas sûrs d'avoir épuisé tous les territoires.  Et tout naturellement, s'intéressant à la chanson et voulant vraiment approfondir comme il faisait de tout le domaine de la chanson, iI s'est dit : je voudrais savoir ce que c'est que d'être interprète. Mais il a aussi fait sa fête au langage. Il a, ne l'oublions pas, écrit les premiers rock and roll français, qui étaient des recueils humoristiques les Kalypso."

Le 18 août 1997, Sébastien Danchin reçoit dans l’émission musicale « Nos années Barclay »  le producteur Eddy Barclay qui a bien connu Boris Vian, il évoque son parcours dans le monde de la chanson

"Dressons la liste des interprètes de Boris Vian... Non, on ne va pas faire que ça parce que Boris Vian a composé des centaines de chansons entre 400 et entre 400 et 700 au bas mot ! Pour les interprètes ? Magali Noël, par exemple avec Fais moi mal, Johnny. c'est très connu. Boris Vian a chanté du Boris Vian. 

Ce n'était pas le meilleur interprète de Boris Vian, Boris Vian, mais on connaît bien sûr Serge Reggiani, Mouloudji, qui sont les grands interprètes de Boris Vian, avec Catherine Sauvage, Jacques Higelin et également Brigitte Fontaine. Mais l'un des tout premiers interprètes de Boris Vian, c'est Henry Cording, alias Henri Salvador. 

Henri Salvador : 

Boris Vian, était le seul type qui pouvait m'appeler à deux heures, trois heures du matin et me disait : "il faut venir". Et je sortais de mon lit, or pour me sortir de mon lit, il faut être fort ! C'était un type très secret parce que ce qu'il faisait avec moi, c'était une chose et ce qu'il faisait ailleurs, je ne le savais pas. Par exemple, je n'ai su qu'après sa mort qu'il avait fait énormément de chansons avec plein de gens.  

La légende qui dit que Boris Vian était capable de répondre au téléphone et qu'en même temps de la main droite, il écrivait les paroles d'une chanson et de la main gauche, il terminait une traduction d'anglais en français  et recevait un visiteur en face. Il donnait l'impression qu'il pouvait multicarte.  

Boris Vian sur la Radio-Télévision-Française du  27 juin 1956 dans l’émission « Si c’était à recommencer » de  Robert Bogdali

Le 07 juin 1958, sur la Radio-Télévision-Française, dans  « Avant le repas » de François Billet-Doux, Boris Vian vient présenter son livre  « En avant la zizique et par ici les gros sous » , au passage il défonce les chanteurs de variétés de l’époque. Boris Vian était critique musical et à ce titre, il connaissait bien la chanson. Il savait en parler et pouvait même analyser la fabrication de ses propres titres. Extrait : 

François Billet-Doux : Est-ce qu'il vous arrive également d'écrire les mélodies  de vos chansons ? 

BORIS VIAN : "Oui, ça m'arrive mais comme je n'ai pas appris la musique, je tombe toujours dans ce dans quoi tout le monde tombe sans instruction musicale précise. On tombe toujours dans la facilité, on se dit : "voilà une jolie mélodie qui se retient", mais c'est parce qu'elle est  trop facile. Alors généralement, quand je fabrique les chansons, je les fabrique sur des airs que je me donne et ensuite j'élimine l'air. Je demande à un professionnel de la musique de me refaire un air dont l'harmonie soit plus astucieuse, dont la mélodie, soit un peu plus recherchée. Sans ça, on tombe assez facilement dans la grosse facilité.  

F B-D : Mais en ce qui concerne La java des bombes atomiques, est-ce que vous êtes parti des paroles ? Et vous avez ensuite confié ces paroles à un musicien ou vous êtes parti de la musique pour refaire les paroles ? 

BV :Celle là, c'est justement un exemple de chansons pour lesquelles j'ai composé d'abord une musique trop facile et trop simple qui ne m'a pas plu, mais qui m'a servi de monstre musical pour le rythme de la chanson. J'ai écrit trois couplets. Ensuite, j'ai éliminé la musique et j'ai donné les paroles à mon pianiste Alain Goraguer, qui a composé une superbe java."

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