En moins de vingt ans, Boris Vian a signé des dizaines de romans, de pièces de théâtres, de nouvelles, de recueils de poésies, de livrets d’opéra, de scénarios, d'essais, de pièces , de traductions, d’articles pour des revues, près de cinq cents chansons...

Boris Vian l'écrivain en 1950
Boris Vian l'écrivain en 1950 © AFP / AFP

Un inventaire impressionnant que les éditeurs n’en finissent pas de redécouvrir mais qui fut éclipsé du vivant de Boris Vian  par Vian lui-même… Car Vian a imaginé plus de 30 pseudos dans sa vie. On ne retiendra que le plus connu Vernon Sullivan pour le roman J’irai cracher sur vos tombes.

Le 31 mai 2007 dans « 2000 ans d’histoire » de Patrice Gélinet l’écrivaine et journaliste Claire Julliard revient sur le succès de ce livre

Ce titre "L'Ecume des jours" commençait à lui porter malheur et il éprouvait une sorte de superstition vis-à-vis de ce titre comme si c'était quelque chose qui le pourchassait, qui lui portait malheur tant les autres de ses romans auront moins de succès.

Il a parallèlement connu un certain rejet du milieu littéraire, alors même que l'écriture était essentielle pour lui, il se considérait comme un écrivain dépassé alors qu'il n'avait que 30 ans ! 

Le 31 octobre 2014 dans « Affaires sensibles » Fabrice Drouelle reçoit Philippe Boggio auteur d’une biographie sur Vian 

Il évoque l’importance du pseudo Vernon Sullivan, qui permet à Vian de signer des livres très controversés à l’époque. Le gag fait rigoler les amis. On est toujours dans Saint-Germain-des-Prés, qui est hors du temps historique. Alors que l'autre Boris Vian, plus sérieux, est en train d'essayer de pénétrer chez Gallimard, d'écrire "L'écume des jours". 

C'est un jeu dangereux que Boris Vian va finir par très mal vivre, tant il commence à trouver que ce nom de Vernon Sullivan est très envahissant

Retour aussi sur son livre "J'irai cracher sur vos tombes" dans lequel il est vraiment très en avance sur cette littérature de l'après-guerre dans une France où c'est le retour du conservatisme, il a plus de résonance, il apparaît comme un écrivain transgressif. Alors qu'il a raté la résistance, il rencontre ceux qui reviennent de l'engagement. Mais, à travers ses livres il devient le premier antimilitariste post-nucléaire, en étant toujours très éveillée sur la réalité, il reprend un temps d'avance qui trouve un écho dans les années 1960. Pourtant à vingt ans, on aurait dit qu'il était un garçon de droite comme il le laisse transparaître dans "Vercoquin et le Plancton" dans lequel il exprime une insouciance jamais plus retrouvée

Boris Vian ce sont aussi des poèmes pendant sa convalescence suite à sa crise d'œdème pulmonaire. Des poèmes comme "Je voudrais pas crever", il est plus écorché, plus authentique, ou encore dans "Le déserteur", universellement connu, qui a été l'un des flambeaux de la révolution musicale des années 1960 aux Etats-Unis.

Retour aussi sur les rapports avec Jean-Paul Sartre.

Raymond Queneau est l'un des seuls à l'avoir énormément soutenu, à lui avoir été fidèle, même au delà de sa vie, il a tout fait pour qu'il soit réédité après sa mort. 

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