C'est donc à la fois par idéalisme, par intérêt et par sécurité que les Afrikaners élaborent et maintiennent aussi longtemps le système d'apartheid, qui selon eux, est le seul moyen de leur permettre non seulement de survivre en tant que groupe ethnique distinct mais aussi de préserver leurs intérêts de classe.

Winnie Mandela devant le tribunal après le verdict du procès de Rivonia (12 juin 1964)
Winnie Mandela devant le tribunal après le verdict du procès de Rivonia (12 juin 1964) © AFP

Ainsi, beaucoup de nationalistes afrikaners pensent sincèrement que l'apartheid ouvrira des carrières et laissera leurs chances aux Noirs, chances qu'ils n'auraient pu saisir s'ils avaient été obligés d'entrer en compétition avec les Blancs au sein d'une société intégrée. Cependant, à aucun moment les propres aspirations des peuples noirs d'Afrique du Sud ne sont prises en considération. L'apartheid leur est imposé dans la plus pure tradition du baasskap.

Le procès de Rivonia

Le 1er novembre 1963 Michaël Harmel un journaliste sud-africain blanc est reçu sur France Inter.  Il évoque le procès collectif des responsables de l’ANC qui enverra l’année suivante Nelson Mandela pour 27 ans en prison. Vous noterez qu’à l’écoute de cette archive, en 1963 il apparaît que Nelson Mandela n’est pas encore perçu comme le leader que l’on connait tous aujourd’hui. 

Le 29 août 1999, Eric Yung consacre son émission estivale Pêcheurs d’histoires à Nelson Mandela. Il reçoit à cette occasion Jean Guiloineau spécialiste de l’Afrique du Sud.

Son combat donne à notre obscur passage sur la terre un peu plus de sens - Breyten Breytenbach

"Qui pouvait dire que, le 18 juillet 1918, jour de la naissance de celui qui deviendra pour tout un peuple le symbole de la liberté, qui pouvait dire que le surnom de Nelson Mandela et que le prénom qui lui est attribué à 16 ans lors d'un rite initiatique, qui pouvait dire que ce surnom et ce prénom sonnerait des années plus tard comme le signe de la destinée ? Pourtant, le jour de la naissance de Mandela, son père le surnomme tout de suite Rolihlahla , "Celui qui créera des problèmes" et 16 années plus tard, lorsque la tribu Xhosa à laquelle il appartient le reconnait homme par le rituel d'une cérémonie initiatique, le sorcier lui attribue le prénom de Dalibunga, autrement dit "l'homme qui installe le nouveau pouvoir". C'est peu dire que le hasard, à moins qu'il ne s'agisse d'un signe prémonitoire, avait déjà marqué la vie de Nelson Mandela."

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