France Inter Plus de mode en cette semaine de défilés des grandes maisons de couture ! Ça commence aujourd’hui, l’occasion pour France Inter Plus, de se refaire une petite histoire de la mode par celles et ceux qui l’ont créée en France.

Jean-Paul Gaultier, styliste et grand couturier français, à l'occasion de son tout dernier son défilé, avant de se retirer du monde la mode (le 22 janvier 2020, au Théâtre du Châtelet, à Paris)
Jean-Paul Gaultier, styliste et grand couturier français, à l'occasion de son tout dernier son défilé, avant de se retirer du monde la mode (le 22 janvier 2020, au Théâtre du Châtelet, à Paris) © Getty / Victor Virgile/Gamma-Rapho

Dernière séquence ce soir, avec Pierre Cardin, aujourd’hui 97 ans, a la tête d’un empire pas seulement de mode, mais qui touche aussi à l'hôtellerie, la restauration, la production de spectacle. Et puis focus sur Jean-Paul Gaultier qui a commencé dans les ateliers Cardin et qui vient d’arrêter la haute couture en janvier dernier.

Pierre Cardin, c'est la mode des années 1950 mais avec un style déjà décalé

Pierre Cardin a travaillé chez Christian Dior, il a participé à la mise au point de ce qu’on a appelé le tailleur “Bar”, une des silhouette iconique du fameux New Look. Mais au début des années 1950, après avoir claque la porte de Dior, il crée sa propre maison, et signe une première collection moderniste qui va exploser dix ans plus tard avec la mode futuriste de Courrèges et de Paco Rabanne. « Futuriste », le mot s’applique à Cardin comme dans cette archive du 13h, le 23 juillet 1979, à l’occasion de la présentation de sa nouvelle collection.

Des épaules qui sont démesurément large. On dirait des épaules pour des porteurs d'eau. Des tuniques, ou des jupes, ou des robes, qui sont courtes d'un côté et plus longues de l'autre. Elles sont un petit peu comme coupées en biseau et sont portées sur des pantalons tubes qui finissent en accordéon sur la cheville.

Pierre Cardin a une vision élargie de la mode en cela c’est un pionnier qui va « designer » des voitures et des costumes d’hôtesses de la RTF... 

J'ai toujours eu envie de dessiner une voiture. La carrosserie n'a pas été modifiée si ce n'est que l'arrière pour une question de bagages (NB : pour accueillir les valises Cardin...). J'ai apporté une nouvelle esthétique de fauteuil, pour avoir du plaisir et ne pas être fatigué, ça c'est important quand on fait de la route.

Outre le « cardiforme » et la « Simca 1100 Cardin » le couturier s’est également tourné vers la création pour le théâtre vivant, en ouvrant l’Espace Cardin à Paris. Il faut dire qu’il a commencé en créant des costumes de scène et de bal.  Il s’en explique dans l’émission Les Feux de la rampe, le 18 avril 1970.

J'en suis devenu propriétaire avec l'intention d'y former un centre culturel avec la possibilité à la jeunesse de pouvoir s'y retrouver sous une forme aussi bien théâtre, que cinéma, que restaurants pas trop chers, que galeries de peintures et de sculptures...

Cardin, couturier est aussi un franc-tireur qui va imposer son propre rythme de production à la presse, en présentant ses collections à contre-courant de tous les autres… Une archive d’Inter Actualités, nous sommes le 16 janvier 1972. 

Je voudrais ramener le rythme à une collection par an, je ne sais pas si mes collègues me suivront. Mais en tous cas on a trop fait de bruit autour de la mode, je crois que les gens en sont fatigués, d'ailleurs le résultat est très clair, c'est que dans toutes les rues on voit des soldes.

Pierre Cardin qui se livre le 3 janvier 1969, pour une Radioscopie, où il est question du métier de couturier, du bon goût, de l’élégance et des créations, et des femmes de 40 ans…

Je crois qu'il y a un malentendu sur l'âge. On a oublié avant tout que 40 ans n'est plus être une jeune fille. Je crois qu'il faut remettre les choses en place. Mais pourquoi à 40 ans vouloir ressembler à une fille de 20 ans ? À 40 ans je pense qu'on ne trompe personne. [...] Il faut savoir se connaître, je crois que c'est là l'erreur et l'essentiel d'une femme. Il faut savoir comment sont ses jambes, comment sont ses seins. Vous savez un femme à 40 ans ou à 60 ans qui montre ses seins, ce n'est pas plus séduisant qu'une jeune fille de 20 ans qui a des grosses cuisses et qui les fait voir.

Jean-Paul Gaultier, celui qui vient de faire ses adieux à la mode

Il commencé comme stagiaire à l'âge de 18 ans chez Cardin, mais à l'inverse de Cardin qui critique les femmes de 40 ans qui veulent faire jeunes, et les femmes un peu enrobées qui ne cherchent pas à cacher leurs formes… Jean-Paul Gaultier lui, serait l’apôtre de la différence et d’une mode beaucoup plus "inclusive". Ses défiles sont spectaculaires, une ôde a la diversité sous toutes ses formes et tous les âges. Et c'est ainsi que Françoise Bidault, 72 ans, se retrouva à défiler sur le podium. C'est ce qu'elle raconte dans À l’heure du pop, le 10 mai 1990.

J'ai reçu une convocation pour Jean-Paul Gaultier, qui voulait prouver qu'à mon âge on pouvait porter ses modèles.

Un an plus tard le 14 mai 1991, dans Pop Club, Jean-Paul Gaultier revient sur une rencontre qui va le propulser sur le plan international : Madonna, c’est le début d’une longue collaboration, au point que les concerts de la pop star peuvent se voir comme des extensions des collections du créateur français. 

En octobre 1986, un coup de fil de son photographe qui dit Madonna aimerait bien avoir Jean-Paul au téléphone parce qu'elle aimerait qu'il fasse les costumes de sa tournée... J'ai cru que mes assistants me faisaient une plaisanterie, puisqu'ils savent que je suis un fan de Madonna. Bon je téléphone, j'entends “Hi it's Madonna” et c'était elle en personne !

Le le 11 mai 2000 dans La vie est un je, de Daphné Roulier, Jean-Paul Gaultier développe son attrait pour la différence, les influences de sa grand-mère… mais aussi son féminisme, et la façon qu’il a de travailler cette dimension dans sa mode.

Qu'est-ce que c'est qu'un vêtement masculin et qu'est-ce que c'est qu'un vêtement féminin ? Redonner la jupe à l'homme c'est lui redonner de la virilité !

Jean-Paul Gaultier c’est aussi le spectacle, le cabaret, les froufrous… En 2018 il lance le Fashion Freak Show

Mon rêve c'était quand même qu'un jour je ferais une revue, et puis je me suis dit c'est peut-être le moment, j'ai quand même 66 balais.

Et le 20 janvier dernier « l’enfant terrible de la mode » tire sa révérence. À cette occasion France Inter s’est rendu à son tout dernier défilé, le 23 janvier 2020.

Il y avait tous se vêtements iconiques. Il a même fait un passage sur les roux et les tâches de rousseur. Il se battra toujours pour toutes les minorités, il les met sur le podium, il les met en avant. C'est une fierté d'avoir Jean-Paul Gaultier en France.

Programmation musicale :

  • Jacques Dutronc – “Les Play-Boys”
  • Madonna – “Holiday”
L'équipe
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