Bruno Baru, 37e lauréat du Festival d'Angoulême, un diminutif qui lui vient de son enfance. Le dessinateur qui signe une œuvre commencée au mitan des années 1980 avec "Quéquette Blues" et dont le dernier album en 2011 s’intitule "Fais péter les basses"... Baru le dessinateur lorrain a le sens des titres.

Baru en novembre 2004
Baru en novembre 2004 © Getty / Alexandre MARCHI

A l'occasion du lancement de  "BD2020 la France aime le neuvième Art" gros plan sur des dessinateurs emblématiques de la BD qui ont tous reçu le grand prix de la BD du Festival d’Angoulême. Aujoud'hui rediffusion d'un numéro de l'émission Eclectik de Rebecca Manzoni de janvier 2011 consacré au dessinateur Baru.

En voiture avec le Président

Rebecca Manzoni : "En toute simplicité hein, la voiture est une Clio et nous circulons au cœur de la Lorraine dans la banlieue de Nancy. Eh oui, il n’y a pas que Versailles ou le Cap Nègre dans la vie, il y a Nancy aussi. Je veux donc parler du Président… du jury du  prochain festival international de bande dessinée d’Angoulême qui se tient à la fin du mois et dont France Inter est partenaire. Passé cette présentation protocolaire, mais alors ce gars, c’est qui ? C’est Baru (Hervé Baruléa), B.A.R.U, diminutif qui lui vient de son enfance. Baru qui signe une  œuvre commencée au mitan des années 1980 avec Quéquette Blues et dont le dernier album s’intitule Fais péter les basses.

Bruno. Baru, dessinateur, n’en a pas moins le sens des titres.

En face de nationalité, il pourrait écrire : italo – lorrain. La Lorraine… cette région où les  patronymes se terminent encore aujourd’hui par des A, des O, ou des I.  Il ne l’a jamais quittée et il la dessine, la Lorraine. Laisser une trace de l’usine, de ces hommes, de ces femmes dont certains y ont laissé leur peau. Laisser une trace de cette culture, de ces paysages, de l’immigration italienne, le tout nimbé, si je puis dire, de rock’n’roll bien pur - Eh oui, on ne se refait pas, encore une conversation d’EclectiK avec un gars qui se met à taper du pied dès qu’un bon poum tchak lui vient à l’oreille - Baru ne s’emmerde pas avec des questions inutiles du genre : la bande dessinée est- elle un art ? La réponse est dans toutes les bonnes librairies. En voiture, donc, avec  Baru dessinateur et on arrive chez lui. Une maison qui ne se la pète  pas, comme il dit. Une maison qui cache un fort joyeux bordel. J’ai dit : « Ne vous offensez pas si je vous vouvoie ». Réponse : « Mais  t’inquiète, je vais te vouvoyer aussi. » Baru, grand prix d’Angoulême et  président du jury 2011."

Extraits de l'émission :

"Je n'ai pas fait rockeur, mais j'en crevais d'envie. "Faire rockeur", ça ne veut rien dire, c'est chanter. Je pense que je n'en étais pas capable. Il fallait chanter en anglais, mais c'était impossible. Simplement, j'aurais bien aimé jouer de la guitare. Je crois que si jamais j'avais pu jouer de la guitare avant de dessiner, j'aurais jamais fait de BD. 

En fait, je suis un guitariste de rock frustré !"

"Mon père ouvrier ? Mes parents ont fait ce qu'il fallait pour que je fasse des études, c'est à dire qu'ils m'ont permis de me forger, de me doter des outils pour rendre possible ce déplacement-là. Simplement moi, ce que je souhaiterais, la société à laquelle j'aspire, c'est que chacun puisse se doter des outils qui sont nécessaires à ce déplacement-là." 

"À partir du moment où je suis allé au bahut, au lycée, j'ai été confronté au fait que j'étais un fils de prolo. Là, il ne se passait pas un instant sans qu'on sans qu'on ne te le rappelle, quand ce n'était pas directement une bande d'abrutis de profs, ça m'est arrivé, qui te le disait explicitement. D'ailleurs, je l'ai l'évoqué dans une de mes histoires : La Classe. [...]Et puis, il y avait plein de petits détails comme ça qui te signifiaient qui tu étais et d'où tu venais. Effectivement, j'ai eu honte de mes parents un jour, et je m'en veux encore."

Dans la suite à écouter, il est question de Guerre d'Algérie, d'Audiard, des Italiens...

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