Les projets de fermes solaires se multiplient. Le Burkina Faso vient d'inaugurer la plus grande centrale de l'Afrique de l'Ouest, basée sur des panneaux photovoltaïques. Ailleurs dans le monde, on développe une autre technique tout aussi performante: la concentration des rayons solaires.

la centrale d'Ashalim dans le désert du Negev
la centrale d'Ashalim dans le désert du Negev © AFP / Jack Guez

C'est une filière dans laquelle la France a été pionnière dès les années 70 grâce notamment aux recherches menées par le CNRS.   La crise du pétrole avait conduit à chercher des substituts aux sources fossiles. A Odeillo, dans les Pyrénées Orientales près de Font Romeu, un four solaire fut construit. Un modèle à la réputation mondiale à l'époque.

La France pionnière

Imaginez un mur concave de 54 mètres de haut, 50 de large couvert de miroirs. Ces miroirs réfléchissent  les rayons du soleil vers une tour centrale dans laquelle se trouve un fluide caloporteur. De l'eau par exemple ou des sels fondus . Les rayons concentrés du soleil chauffent ce fluide jusqu'à des températures de 300 à 500° et c'est un peu comme si l'on avait un énorme ballon d'eau chaude. Cette chaleur et la différence de température est ensuite optimisée pour être transformée, via un générateur, en électricité .

La France, pionnière dans les années 70 n'a pourtant pas poursuivi cette voie.  En décidant de lancer son grand programme national de centrales nucléaires, la technologie du four solaire fut abandonnée. Certes, on construisit une deuxième  centrale, Themis, plus grande dans la même région mais elle ne fut raccordée au réseau d'électricité que 3 ans de 1983 à 1986. 

Ideal pour les pays du sud

Ailleurs dans le monde, les recherches et les améliorations ont heureusement continué. La technologie est donc aujourd'hui au coeur de grands projets. Au Maroc,  Noor 3 l'a choisir. En  Israël, quand elle sera achevée l'an prochain , Ashalim sera  la plus grande centrale au monde puis les Etats Unis , la Chine , l’Afrique du sud  lui raviront la place. Les centrales sont de plus en plus gigantesques. Dans le désert du Negev en Israël, il faut imaginer 50 000 miroirs disposés sur 300 hectares l'équivalent de 400 terrains de football. Tels des tournesols, ils suivront le soleil grâce à des moteurs et renverront l'énergie captée vers une tour de 240 m de haut.

Une fois raccordée au réseau, Ashalim pourrait alimenter 120 000 foyers.  Dans ce cas, le courant est produit grâce à la transformation de la vapeur d'eau.  L'une des limites de ces technologies, c'est le  stockage de la chaleur. Difficile sur de très grandes quantités et sur une longue durée.  En l'absence de soleil la nuit, il faut trouver une autre énergie.  En Israel,  la découverte récente d'un gisement de gaz va permettre de compléter le fonctionnement de la centrale la nuit .

Ces projets sont très adaptés aux pays chauds où la climatisation est gourmande en énergie le jour. 

La France à la traîne?

Alors qu'elle avait montré la voie, la recherche française a perdu du terrain. Il est impossible de rattraper le retard estime Gilles Flamant spécialiste au CNRS.  Heureusement, l'Europe a continué de suivre les développements mais si des industriels se sont emparés de la technologie, en terme de recherche, notre pays ne finance plus rien. Dans le Sud toujours, une entreprise y croit encore.  Suncnim achève actuellement la construction d'une centrale à Llo près de Font Romeu. Objectif : alimenter 6 à 7000 foyers dès l'été prochain.

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