Problème majeur pour les personnes âgées: la chute. Chaque année en France, 12 000 personnes en décèdent. Les familles et soignants sont à l’affût de solution.

Femme âgée au sol après une chhute
Femme âgée au sol après une chhute © Getty / SilviaJansen

Après 65 ans, les chutes sont fréquentes. 400 000 personnes sont concernées en France chaque année. 12 000 personnes âgées en meurent, des milliers d’autres se fracturent le col du fémur, le bassin, un bras. On le sait, plus on avance en âge, plus le risque augmente. Et le problème préoccupe toute la société car, aux 700 000 personnes actuellement en maison de retraite, s’ajouteront d’ici 2040, 375 000 autres séniors. Aujourd’hui, pour prévenir à temps le personnel soignant ou les proches, il y a l'alarme médaillon. Portée en pendentif, elle permet à la personne d'alerter en appuyant sur un bouton. Il y a aussi le bracelet, qui détecte une augmentation du pouls ou une chute brutale grâce à un accéléromètre. Mais la nuit, ces 2 dispositifs sont souvent posés sur la table de nuit. Résultat, ils ne servent à rien ! Et dans le cas d’un chute lente, le bracelet ne réagit pas.

Fort de ce constat, une PME de la région toulousaine, la société ORME a choisit d’explorer un dispositif basé sur des capteurs optiques. Habituellement, ORME analyse le mouvement par caméra mais pour des clients dans le spatial ou l'aéronautique. Mais, voilà qu’elle met désormais son savoir faire au service du grand âge. Avec l'appui de chercheurs du CNRS, en l’occurrence, l'équipe de Frédéric Lerasle du Laas, spécialisé en robotique, un nouveau capteur est né.

Un capteur plus performant?

Ce capteur, couplé à un algorithme fonctionne de jour comme de nuit. Il n'oblige pas la personne à porter un dispositif. C'est une caméra active basée sur l'émission en proche infrarouge, ce qui permet de détecter les mouvements aussi la nuit. Le capteur par sa technologie reconstitue une scène en trois dimensions. C'est un peu comme la "Kinect" utilisée pour la WII. L’algorithme ensuite fait le tri entre les différentes données pour ne pas confondre la chute de la personne âgée avec une chaise qui se renverserait par exemple. Le capteur ne filme pas. Ce qui est essentiel. Les études ont montré que ni les résidents d'une maison de retraite, ni les soignants ne tenaient à avoir Big Brother au plafond! Installé au coin d’un mur en hauteur, le capteur peut couvrir toute une chambre. Mais pas plus. Derrière la porte, il ne voit pas ! Du coup, pour une personne toujours à domicile, dans un appartement ou une maison à plusieurs pièce, ce dispositif n’est pas idéal. Il faudrait un capteur par pièce, donc un coût élevé. Le marché visé ce sont donc les EHPAD, les établissements pour personnes dépendantes.

Déjà testé en maison de retraite.

La maison de retraite La cocagne à Sainte-Foy-d'Aigrefeuille, en Haute-Garonne, a équipé quinze chambres depuis deux ans. Quinze chambres sur 80, ce qui correspond au nombre de résidents à fort risque de chutes. Le système n’est enclenché que la nuit, quand il y a moins de personnel. Le bilan est positif. Les rares fausses alertes sont acceptables. Elles évitent qu’une personne tombée soit sans aide 30 minutes ou 1h au sol. Avec des conséquences dramatiques : la personne peut prendre froid si le sol est carrelé, elle risque une embolie pulmonaire, une phlébite bref, toutes sortes de complications liées au grand âge. Et puis surtout, c'est source de grande inquiétude pour les personnes concernées.

L’étape suivante, c’est d'améliorer ce capteur pour qu'il couvre aussi la salle de bain souvent contiguë à la chambre ou pour qu'il détecte une sortie intempestive de la chambre ce qui est souvent le cas avec les personnes démentes.

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