Alors qu’Elon musk s’apprête à envoyer sa Tesla dans l’espace à l’occasion du lancement de la fusée Falcon Heavy, doit-on craindre un déchet de plus dans l’espace ? Y a-t-il moyen de laisser cette zone propre ?

Vue d'artiste des débris autour de la terre
Vue d'artiste des débris autour de la terre © NASA

Aujourd'hui, les débris de plus de 10 cm répertoriés et surveillés sont au nombre de 29 000 dans l'espace. 800 tonnes dans lesquels on trouve des morceaux de fusée, des satellites en fin de vie et autres fragments d'engins.  Si l'on considère les objets plus petits, on atteint rapidement des dizaines de millions... Même s'ils font 1 mm, ils peuvent causer de gros dommages. Aux satellites comme aux astronautes. Percuter des panneaux solaires, des antennes, l'enveloppe de la station spatiale internationale, la combinaison des astronautes.  Sur l'un des carreaux de l'ISS, Tim Peake le britannique a récemment photographié un impact comme celui qu'un caillou peut faire sur un pare brise... 

Pas de service après vente dans l'espace 

Mais réparer dans l'espace est impossible. Or la quantité de déchets ne va pas decroître puisqu'on continue d'envoyer des satellites et que les accidents arrivent, générant en une seule fois un nombre considérable de plus petits déchets.  En 2007 , pour détruite un satellite météo en fin de vie, les chinois ont utilisé un missile , générant 2000 débris supplémentaires à 800 kilomètres d'altitude. En 2009, une collision accidentelle entre 2  satellites a conduit au même résultat.

Le ménage s'impose 

Pour tenter de maîtriser le problème, des règles ont été édictées. Les propriétaires de satellites doivent notamment veiller à ne pas laisser plus de 25 ans en orbite leurs engins. Ils doivent aussi impérativement libérer l'espace une fois le satellite arrivé en fin de vie.  Soit grâce au carburant restant, l'engin est envoyé vers la terre et brûle dans l'atmosphère au dessus du Pacifique Sud, soit s'il se trouve  à 36 000 km d'altitude, il est envoyé plus haut sur une orbite cimetière.  Avec l'arrivée des constellations, 650 satellites pour One Web par exemple, il faut songer à d'autres solutions. 

Des idées originales ont fleuri comme le harponnage dans l'espace (cela reste encore de la science fiction), le filet de pêche qui emprisonne le satellite qu'on tire ensuite à soi,  ou encore le camion poubelle. Plusieurs projets sont quasiment à maturité explique Christophe Bonnal, expert des débris à la direction des lanceurs du CNES.  Américains et européens développent des véhicules -remorqueurs  multifonctionnels. Ils pourraient à la fois réparer les satellites, les réapprovisionner en carburant ou en fin de vie, les désorbiter. 

Ce sont de véritables robots de l'espace, dotés de bras pince robotique. Télécommandés depuis la terre, les premiers pourraient être testés dès cette année.   Leurs capteurs pourraient leur donner une certaine autonomie pour fournir des informations à la Terre et ainsi, permettre aux ingénieurs de les piloter à distance. 

Une station laser

Plusrécemment, des ingénieurs de l'université Air Force Engeniering ont proposé de faire des stations spatiales équipées de laser. Positionnés à 200 km de distance de la cible, elles enverraient des impulsions lumineuses denses, rapides et brèves pour dévier la trajectoire des satellites. Soit vers la terre, soit vers l'espace plus lointain.

Reste le financement de cette affaire. Pour que des projets débouchent sur de véritables services opérationnels, il faut un marché. Christophe Bonnal l'entrevoit pour les satellites en orbite géostationnaire ou pour les constellations. Les fabricants ont d'ores et déjà doté de poignées leurs engins. Ou bien alors une taxe. Pollueur payeur. Cela fait partie des discussions qu'ont les spécialistes du dossier.

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