Moins d'engrais, moins de pesticides : c'est une demande citoyenne et une exigence sanitaire. Les chercheurs y travaillent.

Épandage de minéraux pour fertiliser les sols
Épandage de minéraux pour fertiliser les sols © Maxppp / Christian Watier

A Toulouse, une start up mise sur les biostimulants. Les biostimulants, c'est un mot à la mode pour dire qu'on utilise des extraits de plantes ou d'algues pour activer la croissance des végétaux. Un vieil exemple assez empirique : l'épandage de varech sur les champs bretons.

Avec les progrès de la science, les chercheurs développent des méthodes ciblées dont ils pourraient garantir l'efficacité.

Micro pep vise les micro-peptides : des molécules naturelles chargées de réguler l'expression des gènes

A la manière d'un chef d'orchestre qui demanderait à ses musiciens de jouer plus fort ou au contraire plus doucement, sans changer d'instruments, les micro peptides vont stimuler de façon rapide ou lente certains gènes des plantes.

Prenons le maïs par exemple. En France, pour des raisons météo, on le sème en avril et on le récolte fin septembre début octobre. Une saison qui génère de l'humidité dans les grains et donc des frais de séchage. Semer plus tôt dans la saison permettrait de récolter un maïs moins humide, mais en mars, le sol est encore froid. Or les semences germent mal quand la température est basse. C'est là qu'interviennent les biostimulants : les fameux micro peptides pour booster la germination en terre froide.

Pour fournir au maïs ces micro peptides, l'idéal serait d'avoir une formulation simple. Une poudre à mélanger à de l'eau par exemple. Mais arroser un champ complet à l'heure où on tente d'économiser la ressource eau, ce n'est pas forcément la meilleure stratégie. D'où l'idée d'enrober la graine avant de la semer.

Pour le soja, c'est un autre micro-peptide qui a été testé en laboratoire avec succès. Le mécanisme de stimulation naturelle se fait au niveau des racines. Les racines du soja agissent en symbiose avec une bactérie du sol pour fixer l'azote. Cela permet à la plante de grandir. Dans ce cas, on va demander au peptide de renforcer la symbiose.

Au laboratoire et même en serre, les résultats sont très prometteurs, selon Jean Philippe Combier le chercheur du CNRS qui travaille avec Micro Pep. Il faut maintenant passer aux essais en champ.

On peut aussi faire taire certains instruments, les mauvaises herbes en l’occurrence

C'est le biocontrôle. Une technique en plein essor pour limiter l'usage des herbicides et insecticides. On inhiberait la germination des plantes non souhaitées. Exemple avec le tournesol victime de l'olobanche : une plante qui a la fâcheuse habitude de se développer en colonisant les racines du tournesol. Là, il s'agit d'empêcher l'olobanche de germer .

Les biostimulants et le biocontrôle sont-ils l'avenir de l'agriculture durable? Même si leur croissance est de 10 à 15% par an, il va falloir une efficacité sans faille pour concurrencer le marché des pesticides et engrais: respectivement 50 et 150 milliards d'euros par an.

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