Dans un pays aux deux tiers désertiques, le défi des agronomes est d’adapter les plantes à des conditions particulièrement difficiles : un sol pauvre et une eau rare et salée.

Le désert du Negev
Le désert du Negev © Radio France / Sophie Bécherel

C’est un secteur qui regorge d’innovations. Soutenu par de nombreuses recherches, l’agriculture israélienne, pourtant profondément ancrée dans le mouvement collectiviste des kibboutz, n’a cessé d’avancer et de s’adapter. Même dans le désert du Negev, où il ne tombe que 200  millimètres de pluie par an, on fait pousser toutes sortes de fruits et de légumes. Exemple : la tomate cerise, une invention israélienne. 80% de la production nationale vient du Neguev. La tomate cerise arrosée au goutte à goutte par souci d’économie parvient à tirer profit d’une eau pourtant salée, pompée dans la nappe phréatique à 800 m de profondeur.

Ce qui motive ces recherches, c'est plutôt des raisons économiques. L’agriculture, c’est un secteur de haute performance et pour lequel le pays cherche sans cesse de nouveaux marchés. Sur les 460 entreprises d’agritech nationales recensées, la moitié ont été créés ces 10 dernières années selon l’organisme qui recense les jeunes pousses. 

En ce moment, le jujubier est en essai dans des pots connectés

Jujubiers avec suivi de croissance.  Centre de recherche agronomique de Ramat Hanegev dedié å l'agro-alimentaire
Jujubiers avec suivi de croissance. Centre de recherche agronomique de Ramat Hanegev dedié å l'agro-alimentaire © Radio France / Sophie Becherel

Il est naturellement résistant à la sécheresse et ses fruits, les jujubes, ont des vertus sédatives et cosmétiques. Là encore, un marché de niche mais à forte valeur ajoutée. 

Dans le désert du Negev, les oliviers ont fait leur apparition. Quant aux fraises , les israéliens ont aussi une longueur d’avance. On ne manque pas d’imagination raconte devant les serres expérimentales de l’institut Ramat Haneguev, l’agronome  Elisha Zurgil : "La culture hors sol que vous voyez existe ailleurs c’est vrai, nous, ce que nous faisons, c’est chercher de nouvelles variétés. Chaque rang a son numéro, c’est une variété différente. Certaines sont tellement récentes qu’elles n’ont pas encore de nom, elles sont en cours de développement. Comme par exemple cette fraise prévue pour mûrir juste au moment de Noël ou cette autre variété en forme de cœur pour la Saint Valentin et une autre encore très sucrée."

Nouvelles variétés de fraises en culture hydroponique
Nouvelles variétés de fraises en culture hydroponique © Radio France / Sophie Bécherel

D’ici quelques années, on verra peut-être aussi sur nos étals des concombres-cornichons

Un hybride capable de lutter contre le cholestérol actuellement en cours de développement en laboratoire. Parfois les innovations échouent. Comme ces pastèques jaunes dont personne n’a voulu. Les producteurs se sont retrouvés avec d’énormes stocks sur les bras. Faute de consommateur consentant, ce sont les recrues de l’armée qui en ont mangé pendant trois mois ! 

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