Au salon des nouveaux objets connectés qui se tient jusqu’à dimanche à Las Vegas, des français présentent un capteur qui traque la pollution et qui aide à mieux respirer….

Pékin, Bengalore, Chamonix, Paris...on respire mal.... la pollution de l'air c'est selon l'OMS 1 million 300 000 décès chaque année et selon la banque mondiale 5 milliards de dollars.

Et bien voici venir l'assistant personnel contre la pollution. Comprenez, un capteur de polluants connecté à notre téléphone et qui, grâce à une application, pourra mesurer en temps réel et partout -dedans et dehors- la qualité de l'air. Du coup, vous pourrez décider en conséquence à quelle heure il est préférable d'aller au square avec vos enfants, si vous devez renoncer à votre footing ou à quel chemin prendre pour circuler à vélo dans l'air le moins vicié possible...

Autrement dit, un assistant personnel

Cela fait 2 ans et demi que Plume Labs y travaille. Plume Labs est une jeune pousse créée par 2 polytechniciens. Le premier, Romain Lacombe s'est frotté au marché du carbone au MIT ... il est accessoirement marathonien. Le second, David Lysmirr, passé par Standford est spécialiste d'intelligence artificielle et accessoirement jeune papa soucieux de l'air que respire son enfant.

Ces forts en maths sont allés voir les chimistes du LISA, un laboratoire du CNRS et de l'université Paris-Est-Créteil et ils ont donc mis au point ce qui s'annonce comme une révolution.

Car au-delà des mesures très fiables fournies par les agences en charge de la qualité de l'air réparties partout en France, on ne dispose pas aujourd'hui d'une carte très précise , prévisionnelle, consultable sur son téléphone comme on l'a pour la météo. Et bien c'est ça qui arrive !

Comment marche cette petite station portable ?

Dans un premier temps, Plume labs a créé une application pour les téléphones. Elle permet déjà de voir les grandes variations au cour de la journée de la pollution de l'air (fréquentes suivant la température de l'air, l'humidité, les vents). Elle est basée sur les mesures des réseaux fixes existants.

A présent, les inventeurs couplent l'application à un capteur transportable donc miniaturisé. Il pourra renifler 4 polluants: les particules fines, le NOX monoxyde d'azote, l'ozone et les composés organiques volatiles, ces polluants de nos intérieurs, généré par les moquettes, peinture et autre colle dont sont remplis les meubles en bois aggloméré.

Une fois récoltées, les données sont en partie traitées dans le boitier portable par des algorithmes et transmises au téléphone. Des milliers de points de mesure qui vont alimenter une banque de données à partir de laquelle on pourra établir des cartes, révisées en temps réel. Des cartes partout dans le monde. C'est un observatoire collaboratif de la qualité de l'air qui pourrait voir le jour de cette manière.

A terme, des politiques plus courageuses pour préserver l'air pur?

Au delà, si des milliers de personnes s'équipent et fournissent des mesures, les épidémiologistes pourront corréler l'exposition de chacun et son état de santé. Notre prise de conscience individuelle pourrait nous conduire à exiger des politiques des prises de décisions courageuses. Choix énergétiques différents, généralisation des voitures électriques, augmentation du nombre de pistes cyclables, limitation des feux de cheminée...Bref, enfin on peut espérer que ce qui est garanti par la loi soit respecté: le droit de tous à disposer d'un air de bonne qualité.

On aura une telle quantité de données que les chercheurs pourront enfin connaitre précisément l'exposition, la corréler avec la survenue de maladies.

Et alors on le trouve quand cet objet ?

100 personnes vont jouer les bêta testeurs ces prochains mois à Londres. Encore quelques ajustements car ce n'est pas une science aisée de mesurer la pollution, de prévoir les réactions chimiques entre polluants, leur comportement en fonction de la température, de l'humidité... Mais d'ici la fin de l'année, vous en entendrez parler.

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