Une compétition inédite à Zurich : 74 athlètes de 25 pays s’affrontent demain. Les engagés bénéficient des avancées technologiques en robotique et neurosciences.

Expérimentation avec exosquelette Varileg alimenté électriquement au laboratoire de recherche de l'ETH Zurich
Expérimentation avec exosquelette Varileg alimenté électriquement au laboratoire de recherche de l'ETH Zurich © Getty / Erik Tham

Comme tous les athlètes en vue d'une compétition mondiale, ils s’entraînent depuis des mois. Comme les champions olympiques ou paralympiques, ils ont leur coach, leur médecin, leur kiné, leurs supporters... mais eux sont également entourés d'une équipe de scientifiques et d'ingénieurs à l'origine des prothèses et dispositifs technologiques qu'ils vont utiliser pour les épreuves. Le cybathlon, ce sont six disciplines parmi lesquelles la Course d'exosquelette, la compétition avec prothèse de main ou de jambe ou encore le vélo assisté par électro-stimulation pour les personnes tétraplégiques.

C'est la première compétition du genre, imaginée par un chercheur, Robert Reiner, spécialiste de système robotique à l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich. L'objectif n'est pas tant de mettre en avant la performance d'un sportif plutôt qu'un autre, d'une nation plutôt qu'une autre, que de montrer comment la technologie bionique peut aider les personnes handicapées ou mutilées.

Autrement dit, plutôt qu'un athlète, c'est une équipe qui concoure. En rapprochant des chercheurs, des industriels, et des cliniciens, on peut faire de grandes avancées selon Robert Reiner. Et en proposant une compétition sportive, on sort du laboratoire, du centre de rééducation et on montre au grand public les progrès technologiques réalisés. La réparation des lésions de la moelle épinière par le biais de neuro prothèses avance depuis dix ans, en lien avec les progrès en robotique.

Les équipes les plus performantes, les plus dotées seront-elles avantagées ? Impossible de le savoir à l'avance. Car, la réussite de ces prothèses dépend beaucoup du sportif. Chaque engagé a une histoire différente et une lésion différente. Pour les cyclistes par exemple dont on stimule les muscles des jambes par électrodes, la réaction n'est pas forcément la même pour une personne paraplégique depuis 20 ans ou quelques mois. C'est d'ailleurs un défi insensé de demander à des jambes sans connexion avec la moelle épinière de pédaler, tout comme d'ouvrir une boîte de conserve avec une prothèse de main, ou monter un escalier avec un exosquelette quand on est cloué dans un fauteuil…

La France est représentée par deux athlètes à vélo justement. Jérôme Parent, paraplégique depuis 21 ans s'aligne avec une équipe de l'INRIA, institut de Recherche en Informatique et Automatique. Vance Bergeron, physicien reconverti dans les neurosciences après avoir été percuté par une voiture il y a 3 ans, fait équipe avec l'Ecole Normale Supérieure de Lyon. Chacun a fait ses choix pour affronter l'épreuve : parcourir 750 m en moins de 8 minutes. Alléger le vélo, contrôler la stimulation électriques en fonction de l'angle du pédalier, entraîner les muscles pour qu'ils se fatiguent moins vite. L'important au fond, c'est l'après compétition. Voir ce qui aura fonctionné et ce qui peut être amélioré. Notamment pour rendre ces avancées technologiques accessibles au plus grand nombre.

L'équipe

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