Connaitre son sol est une nécessité pour les agriculteurs. Potassium, phosphore et surtout azote sont des informations-clé pour le suivi des cultures. Aujourd'hui fournies après envoi d'échantillons au laboratoire, elles pourraient demain être recueillies au champ grâce à des dispositifs portables.

La connaissance des sols
La connaissance des sols © Getty / Jason Rogers / EyeEm

Connaître la variabilité des nutriments à l'échelle spatiale et temporelle est décisif pour un pilotage précis des cultures. Phosphore, potassium, azote sont par exemple des paramètres-clés et qui évoluent d'une saison à l'autre, d'une année à l'autre. Ni trop, ni pas assez... il s'agit de préserver le sol d'une indigestion d'intrants et d'économiser sur le budget fertilisants d'une exploitation.  La technique habituelle pour avoir ces informations consiste à prélever des échantillons et à les envoyer au laboratoire. Plusieurs kilos de terre recueillis sur environ 1 m de profondeur et envoyés  ensuite dans un laboratoire spécialisé... il faut au mieux 2 semaines, plus souvent 45 jours pour avoir le résultat . Un délai très long pour un agriculteur soucieux d'être réactif . 

Faire venir le laboratoire au champ

La tendance est donc de ne plus aller au laboratoire. Mais de faire venir le laboratoire sur le terrain.   Pour avoir en temps réel l'information recherchée. C'est en ce sens qu'Arvalis développe un système portable d'analyse.

Analyseur portatif par spectroscopie infrarouge
Analyseur portatif par spectroscopie infrarouge / Arvalis institut du végétal

Il tient dans un sac à dos. Il permet avec une tarière de réaliser un carottage du sol et de soumettre l'échantillon à une technique bien connue des chimistes: la spectrométrie dans le proche infrarouge, la technique du SPIR.  Elle sert depuis des années à trier des déchets, à contrôler les produits alimentaires, le lait, sa teneur en protéines et même à détecter les parasites dans le sol d'un green de golf avant qu'ils ne le saccagent.  relance: Son principe, c'est d'envoyer une lumière sur l'échantillon, la terre ou les feuilles d'une plante et d'analyser ce qu'elle devient.  Voilà, comment elle est absorbée à chaque longueur d'ondes. De là, on  déduit la composition de l'échantillon. Pour avoir une bonne mesure, il faut une bonne base de données. C'est ce à quoi s'est employé Arvalis en récoltant 1200 échantillons de terre différentes venant de tous les départements de métropole. Cela lui permet ensuite de coupler son détecteur à cette base et d'avoir une modélisation de qualité, une simulation numérique. 11 paramètres sont mesurés.  

Donner aux agriculteurs des conseils précis pour la fertilisation

On parle d'une agriculture de précision, sur de grandes parcelles où d'un rang à l'autre, la qualité du sol varie. Ce nouvel outil vient en complément des autres informations fournies par les satellites ou les drones.  A la Réunion, le CIRAD et l'Ercane, Institut de la canne à sucre développent eux aussi un système identique pour la canne. L'analyse se fait sur les feuilles, toujours avec la technique SPIR. Le but :  mettre au point une méthode rapide et précise pour connaitre l'état nutritionnel de la plante ce qui permet un pilotage de la fertilisation. Les recherches sont bien avancées mais il n'y a pas encore de prototype car mine de rien avoir un calibrage de qualité n'est pas chose aisée.  L'étape après le système portatif pourrait être d'intégrer la SPIR directement sur les tracteurs agricoles avec affichage des recommandations sur l'écran de la cabine.   

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