Des dispositifs existent déjà dans certains hôpitaux pour des patients lourdement atteints. Mais à l'avenir, serons-nous tous implantés et surveillés afin de prévenir les accidents comme l'infarctus?

Bientôt tous pucés pour surveiller nos éventuelles maladies cardiovasculaires ?
Bientôt tous pucés pour surveiller nos éventuelles maladies cardiovasculaires ? © Getty / mustafahacalaki

L'insuffisance cardiaque c'est 100 000 hospitalisations par an, la première cause chez les plus de 65 ans. C'est aussi le risque 1 fois sur 2 d'être ré hospitalisé dans l'année. Aujourd’hui, dans plusieurs hôpitaux de France, on a commencé à suivre à distance ces patients, une fois rentrés chez eux. Avec succès. Ils envoient à l'aide d'une tablette des informations... signalent leur poids,  un essoufflement, un œdème, ce qui permet un meilleur suivi par le personnel médical et évite jusqu'à 1/3 de ré hospitalisation. 

Et ce sera bientôt la même chose pour les troubles du rythme cardiaque. 

Ce sont des pathologies différentes. Le cœur qui bat trop vite, trop lentement ou de façon irrégulière, là encore, cela concerne beaucoup de monde. La fibrillation atriale (rythme irrégulier) touche 300 000 personnes. Sans parler des 6% de la population avec un trouble cardiaque qu'ils ignorent. L'un des obstacles, c'est de détecter cette arythmie au moment où quand elle se produit. Or il est difficile de faire un électrocardiogramme au travail, en pleine rue, quand vous faites vos courses. 

le mini capteur Witmonki
le mini capteur Witmonki / Witmonki

D'où l'idée qu'ont eu des chercheurs issus de l'Institut matériaux, micro électroniques et nanosciences de Provence: créer un capteur portatif. Vous allez me dire, ça existe déjà, notamment au rayon accessoires des joggeurs... ça s'appelle un tracker d'activité. La puce mise au point par la start Up Witmonki va plus loin explique Rachid Bouchakour, son président.

En conjuguant les compétences en micro-électronique, intelligence artificielle, mathématique, médecine, sciences humaines, la start up a mis au point une puce minuscule (la moitié d'un ongle) protégée par 3 brevets et de faible coût. Dans un premier temps, elle sera intégrée dans une carte format carte bancaire, un peu plus épaisse. On glisse la carte dans sa poche, son portefeuille...et on la sort quand on sent le cœur qui divague.

Ce dispositif médical, validé par des médecins des hôpitaux de Marseille, doit permettre d'accélérer la prise en charge. Quand il prend rendez-vous avec son cardiologue, le patient arrive directement avec l'ECG contenu dans la carte comme s'il s'agissait d'une clé USB.

Dans un 2eme temps, 2 autres déclinaisons sont prévues: une wikwatch porté pendant 7 jours afin de remplacer le holter. Le holter c'est une sangle avec électrodes sur la poitrine et un boitier en bandoulière qu'on porte 24 h ou 48h pour détecter les signes avant coureurs d'un AVC... A condition qu'elle se produise au bon moment! 

Quant à la wikbox, c'est une borne destinée aux pharmarcies. Comme les tensiomètres, vous poserez vos 2 mains sur la borne qui réalisera votre ECG en 30".

Restera à l'avenir à faire entrer dans les actes remboursés ces dispositifs de télémedecine et télésurveillance. Jusqu'ici, et pour 4 ans encore , certaines équipes sont soutenues par la sécurité sociale qui finance les dispositifs et les actes de formation et suivi. 

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