Imaginez la scène : métro, tramway bondé, serré contre votre voisin, votre voisine, vous êtes incommodé par des odeurs corporelles... le plus souvent, le dessous de bras.

Les odeurs de transpiration dans les transports en commun
Les odeurs de transpiration dans les transports en commun © Getty / moodboard

Et si dans un futur proche, on réussissait à venir à bout de ce phénomène tout ce qu'il y a de plus naturel mais pas toujours agréable quand on n'est pas intime ?

Vous connaissez les les réticences actuelles vis à vis des déodorants des anti-transpirants aux sels d'aluminium et des déodorants antibactériens qui contiennent du Triclosan, un perturbateur endocrinien. Si efficaces soient-ils, leur utilisation prolongée et fréquente n'est pas sans conséquences: menaces sur la santé, inflammation de la peau, apparition de bactéries résistantes, sans compter le relarguage dans l'environnement pour l'aluminium. Les consommateurs ont commencé à interpeller les fabricants de cosmétiques. Certains ne sont pas sourds et ont commencé à chercher des substituts. D'ailleurs, l'innovation dont je vais vous parler a été en partie financée par L'Oréal.

Revenons donc à la redoutable alchimie qui se produit sous les bras quand nous transpirons. Sachez d'abord que la sueur elle-même ne sent rien. C'est au contact des bactéries présentes sur notre peau que se créé un cocktail détonnant.

Voici ce qui se passe: la sueur contient des molécules inodores qu'on appelle précurseurs. Quand les précurseurs sont mangés par les bactéries (parce qu'une bactérie ça a besoin de nourriture), cela génère des acides organiques volatiles malodorants. Ce sont eux les ennemis à éliminer ou mieux à empêcher d'exister. Et c'est cette deuxième solution que des chercheurs de Compiègne ont choisie. Empêcher la molécule malodorante d’apparaître.

Ils miment les anticorps de nos organismes, ces soldats qui luttent dans notre corps contre les agents infectieux . Les chercheurs ont mis au point des anticorps en plastique. Des MIP dans leur jargon, des minuscules petites balles percées de toutes parts, capables de reconnaître leur cible : les précurseurs d'odeur. Tout se passe comme si les balles, moulées à la perfection, attiraient et piégeaient les précurseurs, les empêchant d'entrer en contact avec les bactéries. Du coup, l'alchimie dont je vous parlais, le cocktail ne peut plus avoir lieu et avec lui la libération de mauvaises odeurs .

Pour faire un déodorant, il suffit de faire une crème ou un gel et d'y ajouter les MIP. Ces MIP sont pour l'instant à base de plastique. Ce qui ne plaide pas en leur faveur, même si leur taille, quelques centaines de nanomètres, devraient permettre aux stations d'épuration de les arrêter avant qu'elles ne finissent dans l'environnement. (Quand on se lave, on se débarrasse de nos vieilles peaux mais aussi des crèmes dont on s'enduit le corps).

Les chercheurs travaillent donc à utiliser un polymère à base de végétaux donc biodégradables. Et même si la première application visée, ce sont les déodorants, on peut imaginer que d'autres industriels s'intéressent à ces pièces à odeurs. Les fabricants de peintures, de colles, bref toutes ce qui sent mauvais.

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