Afin de suivre toutes les étapes du développement d'une tumeur et de tester les traitements les plus appropriés, une équipe du CNRS utilisent des embryons de poulet. Un modèle animal désormais proposé par la jeune pousse ONCOFACTORY.

Face au cancer, qu'on soigne pourtant de mieux en mieux, on constate un fort taux d'échec des thérapies. Les médecins sont contraints de tâtonner.  En recherche, 80% des nouvelles molécules anti cancéreuses échouent lors des essais cliniques et  un patient sur deux ne répond pas à la chimiothérapie prescrite !  Cette situation s'explique par la grande variabilité des tumeurs et les réactions personnalisées des patients face au traitement.  Pour s'aider, les chercheurs utilisent des modèles animaux. Ils greffent sur des souris adultes, des lignées cellulaires et observent ce qui se passe. Mais ce n'est pas la réplique de la réalité.   

L'embryon de poulet, un modèle animal intéressant

Une chercheuse a l'origine spécialiste du développement neuronal s'est interessé à l'embryon de poulet.  En effet, car aussi étrange que cela paraisse, l’œuf offre une fenêtre idéale sur la biologie du développement.  Il suffit de casser la coquille de l’œuf pour voir ce qui se passe dedans. Grâce à de précédentes recherches, mondialement connues, celles de Nicole Le Douarin, les biologistes savent voir toutes les étapes successives du développement d'un poussin. Des processus fondamentaux qui miment très bien ce qui se passe chez les mammifères. En marchant dans les pas de ses prédécesseurs, Valérie Castellani, chercheuse au CNRS spécialiste de biologie du développement a choisi ce modèle aviaire pour mieux  coller à la réalité des cancers de l'enfant , en l’occurrence le neuroblastome pédiatrique,  le cancer le plus fréquent chez les moins de 5 ans. 

Un cancer en miniature

Elle greffe quelques cellules cancéreuses issues des petits malades et observe la prolifération des cellules, leur migratrion vers les organes. Un microscope en 3 D permet d'avoir une image précise du développement .

L’intérêt avec l'embryon de poulet c'est qu'il se développe vite:  48 heures là où il faut des semaines pour obtenir un modèle de tumeur chez la souris.... Il n'y a pas de rejet des cellules cancéreuses humaines greffés dans l’œuf  en raison de l'environnement stérile permis grâce à la coquille. On peut produire à l'envi des répliques de ces cancers pédiatriques.  Pour la première fois avec ce modèle animal, Valerie Castellani et Céline DELLOYE-BOURGEOIS ont vu les métastases se développer, exactement aux endroits où elles apparaissent chez les enfants. Il est donc possible ensuite de repérer les signaux qui déclenchent chaque étape, les critères qui entrent en jeu.    

Vers une médecine personnalisée 

Il est ainsi possible de tester plusieurs traitements, chimiothérapie en tête  et de choisir le plus adapté.  Pour standardiser son modèle animal, et le proposer aux chercheurs comme aux industriels, Valérie Castellani a créé une jeune pousse ONCOFACTORY.  Après le neuroblastome pédiatrique , elle a adapté ce nouveau procédé à des cancers de l'adulte:  tumeurs du cerveau, cancer du sein et du poumon. Déjà lauréate de prix innovation, elle a reçu le 7 novembre le prix Coup d'élan pour la recherche française de la fondation Bettencourt Schueller .

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