C'est l'art de faire du vieux avec du neuf… La voiture imprimée en 3D s'annonce pour les années à venir. Fabriquée avec le même plastique que la célèbre Mehari de Citroën.

La supervoiture "Blade"
La supervoiture "Blade" © Divergent 3D

Les prochaines voitures en vogue seront-elles en plastique ? Comme la vénérable et très chouette Mehari qui fêtera bientôt ses 60 ans ? Le même plastique que celui utilisé pour les carters d'aspirateurs, des machines à café ou les lego.

La Mehari, c'est pour qui ne l'aurait jamais croisé une sorte de 4X4 des sables, une caisse légère à 2 places posée sur un châssis, avec un toit en tissu et des vitres en toile cirée transparente! Le tout pesant moins de 600 kg.

Des constructeurs automobiles plutôt confidentiels mais à la pointe de la nouveauté parient sur une version moderne de la voiture en plastique, obtenue par impression 3D. Depuis deux ans, on en voit des prototypes. La société Local Motors en Arizona a d'abord imprimé la STRATI en 2014 puis une Shelby COBRA, copie de l'ancienne et à présent la SWIM...

Vous avez dit futuriste ?

La SWIM est une petite berline à mi chemin entre une Austin et une voiture Playmobil, équipée d'un moteur Renault . Le fabricant dit avoir mis 44 heures pour l'imprimer couche par couche avec une machine XXL qui peut sortir de grosses pièces de 6 mètres par deux. 75% de la carrosserie et du châssis sont imprimés en plastique ABS (le même que celui de la Mehari) auquel on a ajouté 20% de fibre de carbone.

Une fois les roues, les phares, les accessoires, la batterie et le moteur ajouté, la voiture est constituée de 50 pièces contre 20 000 actuellement. Les premières ventes étaient annoncées pour la fin de cette année.

Pas sûr que la promesse soit tenue mais bon ce fabricant n'est pas le seul à y croire ! Divergent Microfactories (DM) une autre entreprise américaine a présenté sa version de la voiture en impression 3D... Plus futuriste, elle s'appelle "Blade" lame...

Là encore, le fabricant a recours à l'impression 3D mais pas pour l'enveloppe externe. Ce sont les nœuds du châssis qui utilisent le procédé (l'impression se fait à partir de poudre d'aluminium agglomérée dans un moule sous l'effet d'un laser). Car cette voiture est à monter soi-même comme on monterait une toile de tente. Dans un sac de sport, des tubes en fibres de carbone très solides et les raccords en aluminium. Il suffit de fixer manuellement les tubes les uns aux autres grâce aux raccords.

L'idée du PDG de Divergent Microfactories, Kevin Czinger, est de limiter le temps et le coût de fabrication. Car il n'y a pas que le fait de rouler qui pollue. La fabrication des voitures a aussi un fort impact carbone. Avec l'impression 3D, il serait divisé par trois.

Une fois la structure obtenue, on habille le véhicule d'un matériau composite moulé, léger mais résistant. Pour un total de 635 kilos, environ deux fois moins qu'une voiture classique ! La motorisation est au gaz naturel, un autre moyen pour rendre moins polluante la voiture. Ce procédé de fabrication ne nuirait en rien à la robustesse de la voiture ni à ses performances de sportive. Selon des calculs théoriques, elle serait capable, en 2 secondes, de passer de l'arrêt à 100 km/H.

A quelle échéance ?

Qui serait prêt à acheter ces voitures en plastique ? Pour leur promoteurs, qui en soignent le design, il s'agit de trouver une alternative aux procédés actuels de fabrication très polluants. Leur argument : si en 2050, trois milliards de voitures se retrouvent en circulation sur terre, mieux vaut anticiper l'impact polluant. Le prix n'est pour l'instant pas disponible. Quant à la SWIM, dont les premières commandes étaient censées être honorées cette année, son prix affiché tourne autour de 50 000 euros.

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