Portable et pas cher , Rium veut se différencier des produits déjà sur le marché par son rapport qualité et par une interface pédagogique.

Les dirigeants d'Icohup avec Mounir Mahjoubi, Secrétaire d'Etat chargé du numérique
Les dirigeants d'Icohup avec Mounir Mahjoubi, Secrétaire d'Etat chargé du numérique © Icohup

Rium se présente sous la forme d'un plumier en bois. Il fonctionne couplé à un smartphone.  Commercialisé sous peu, ce renifleur de radiations a été mis au point par un quatuor d'universitaires lyonnais et limougeauds: deux  physiciens, un ingénieur un développeur-informatique. 

L'idée de départ est née dans la tête de Gaël Patton. Pendant sa thèse à l'Institut Matière Lumière de Lyon, il a souhaité  devenir entrepreneur. La radio activité étant sa spécialité, il a développé ce détecteur portable. Sa spécificité est qu'outre la détection de radioactivité, il est capable d'en donner l'origine.  "Bien plus qu'un compteur Geiger, ce spectromètre gamma de poche est capable si on a affaire à du césium, de l'uranium ou de tritium et donc de savoir si c'est un phénomène naturel ou industriel" explique t-il.

La technologie sous-jacente est celle des matériaux scintillateurs.  Dans le boitier, un matériau qui émet de la lumière quand il est irradié. Cette lumière mesurée par un capteur de photons correspond à un niveau d'énergie. Chaque radio élément ayant son niveau d'émission énergétique propre, cela permet d'en avoir la signature et de distinguer si l'émission radioactive provient du radon, du césium ou de l'uranium. L'information est ensuite transmise au smartphone qui la convertit en affichage clair.

Un outil accessible au grand public

C'est l'un des objectifs de la jeune pousse Icohup: faire un détecteur accessible au grand public. L'effort a porté sur la pédagogie de l'outil afin que l'interface soit lisible et compréhensible pour tous. Les curieux pourront à terme s'équiper pour connaître la radioactivité de leur environnement.  Qu'on habite près d'une centrale nucléaire ou qu'on aille se promener en forêt pour ramasser des champignons, on pourra savoir  quelles sources radioactives sont présentes: naturelles ou inhabituelle donc d'origine industrielle. L'appareil préviendra en cas de danger.
L'autre cible est justement le secteur nucléaire français. L'entreprise s'est rapprochée des grands groupes nationaux et étrangers ainsi que des industries qui ont à gérer des déchets radioactifs.  

De l'utilité de savoir 

Pour l'IRSN, l'institut de radioprotection et de sûreté, qui a collaboré avec les créateurs de Rium,  ce type de "compteur geiger moderne"  participe d'une bonne information du public et peut contribuer à l'éducation en matière de nucléaire. Comprendre les unités de valeur, les sources radioactives, discriminer ce qui est naturel d'une surexposition n'est pas encore à la portée de tous.  C'est d'ailleurs pour ceux qui veulent contribuer à l'information qu'existe openradiation, un réseau public qui permet à qui le souhaite de s'équiper et de mesurer la radioactivité autour de lui. 

L'exemple de Fukushima

A Fukushima, les dosimètres fournis aux habitants ont montré à quel point la population faisait confiance à ces mesures personnelles plutôt qu'aux bulletins fournis par les autorités. Certains sont même retournés habiter chez eux, sans consignes des autorités. Le fait de mesurer individuellement le niveau de radiation leur est apparu suffisant pour faire la balance exposition/risques. 

Le prix de mise sur le marché de ce détecteur de poche devrait être d'environ 400 euros. Après un deuxième passage au CES de Las Vegas, Icohup annonce la commercialisation sous peu.  

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